mercredi 17 juillet 2019

Loi dite anti-fessée : demain, tous les parents seront-ils hors la loi ?

On le voit dans la limitation constante de la liberté scolaire que ce soit dans le dossier de l’instruction à la maison ou dans l’imposition aux écoles privées d’un programme étatique de plus en plus précis et la disparition d’options (plus d’éducation religieuse, uniquement ECR), les parents sont suspects de faire des choix qui déplaisent à l’État ou aux organismes militants. On voit la même tendance se dessiner dans le domaine du genre que les enfants devraient pouvoir le choisir au plus jeune âge et même prendre des hormones pour ce faire, même si leurs parents s’y opposent. L’air du temps veut que l’on dépouille les parents de leur autorité. L’État utilise « le bien de l’enfant » comme il l’entend, vu de loin selon des « valeurs progressistes », pour s’immiscer sans cesse dans la vie familiale et ôter les parents d’autorité et de choix. Il ne s’agit bien évidemment pas ici de promouvoir la cruauté envers les enfants, mais de défendre une vision moins iréniste des relations entre le parent et ses enfants qui peuvent pourtant mal se comporter ou prendre de mauvaises décisions dont les premières personnes affectées seront les parents et non de lointains bureaucrates, juges ou militants.

Pour Olivier Babeau, président fondateur de l’Institut Sapiens, la proposition de loi relative à « l’interdiction des violences éducatives ordinaires » participe d’un combat de fond qui vise à la disparition de toute forme d’autorité au profit de celle de l’État.

Rien n’est plus révoltant qu’une violence infligée à un enfant. Il est évident qu’il faut garantir à chaque mineur une sécurité physique et affective. La loi sur « l’interdiction de la fessée » s’inscrit dans le prolongement d’une juste pénalisation des maltraitances. Est-il permis néanmoins de penser qu’elle est inutile et même dangereuse ?

L’interdiction de la fessée n’est qu’un jalon dans un combat bien plus fondamental contre toute forme d’autorité, au profit de celle de l’État. Car tout pourra demain être qualifié de « violence éducative ordinaire ». Comme le rapporte un article du Huffington Post, l’auteur du blogue Enfances épanouies identifie ainsi le fait d’obliger son enfant à se nourrir ou à s’habiller quand il fait froid, de lui faire les gros yeux, lui donner des surnoms… La contradiction est forte : il faudrait traiter l’enfant comme un adulte en miniature, ce qu’il n’est pas. Éduquer, c’est éveiller à la liberté, mais c’est aussi précisément être responsable d’un être qui n’est pas encore capable de liberté. L’idée qu’il soit possible d’éduquer par le seul dialogue raisonnable est très séduisante d’un point de vue philosophique, mais pour un parent elle atteint hélas ses limites lorsque le caprice d’un enfant, par exemple, le met lui-même en danger. Quel parent n’a jamais eu recours, pour le bien de sa progéniture, à des formes de chantage et de contrainte physique ? Demain, tous les parents seront hors la loi.

La loi procède de la vision irénique de l’éducation promue par un Jean-Jacques Rousseau dont on sait qu’il avait lui-même systématiquement abandonné ses enfants — pour le coup, une forme terrible de violence. L’enfant, naturellement bon, n’aurait pas à être guidé, mais seulement préservé de la corruption de la société. Dans son essai la Crise de l’éducation, Hannah Arendt souligne que chaque nouvelle génération est comparable à une horde de barbares qui déferle sur notre civilisation. Une réalité illustrée avec force par le roman Sa Majesté des mouches de William Golding où des enfants livrés à eux-mêmes s’ensauvagent puis s’entre-tuent. Comment ne pas être troublé par la coïncidence de la progression des violences entre les jeunes (dont le harcèlement scolaire, qui a fait récemment une tragique victime de plus), la difficulté grandissante des enseignants à maintenir l’ordre dans leur classe, avec celle d’un pédagogisme considérant l’idée même de discipline comme un crime ? La correspondance est troublante entre la furie progressiste et le recul des règles les plus élémentaires de respect et de savoir-vivre. Ne plus rien imposer aux jeunes, ne plus leur permettre de grandir par les cadres qui sont donnés, voilà la vraie violence que l’on fait aujourd’hui aux enfants que l’on renonce à civiliser.

Il peut enfin paraître paradoxal d’insister toujours plus sur la liberté de l’enfant en réduisant constamment celle des adultes. Mais ce n’est pas vraiment étonnant si l’on y réfléchit bien : notre société devrait être faite pour des adultes et ceux qui ont vocation à le devenir. Au lieu de cela, par choix idéologique, elle nous considère tous comme d’éternels mineurs placés sous l’autorité paternelle d’un État qui interdit, surveille et punit.

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mardi 16 juillet 2019

Roberge modifie à la marge ses restrictions imposées à l'instruction à domicile



Le ministre Jean-François Roberge a légèrement modifié son règlement sur l’école à la maison pour répondre à certaines critiques de parents qui trouvaient les nouvelles règles imposées bien trop contraignantes.

L’obligation pour les enfants scolarisés à la maison de passer les examens ministériels est repoussée d’un an, de juin 2020 à juin 2021. Les commissions scolaires devront offrir gratuitement des activités de préparation aux épreuves ministérielles. Dès l’été 2020, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur devra aussi rendre disponibles aux parents des documents préparatoires aux épreuves qu’il impose.

Les grandes lignes de la réforme du monopole de l’Éducation restent toutefois en place : le nombre de matières à enseigner augmentera dès la rentrée de cet automne, des agents du ministère de l’Éducation rencontreront les élèves à la maison pour s’assurer qu’ils suivent le programme, et les examens ministériels deviendront obligatoires en dépit de l’opposition de groupes de parents.

Rien ne semble indiquer à ce stade la moindre souplesse dans le type d’examens permis et qui les fait passer. Ainsi, il semble bien que des enfants qui suivent le programme du CNED (enseignement officiel français à distance) soient obligés d’également passer les examens du Monopole de l’Éducation du Québec alors que les matières sont vues à un rythme différent, selon des terminologies différentes et des pédagogies différentes.

« Ces modifications permettront d’éviter que des enfants déclarés en enseignement à la maison ne soient assujettis à des contenus d’apprentissage minimalistes », a indiqué lundi le ministre Jean-François Roberge dans un communiqué. M. Roberge oublie de mentionner le désagrément que cela pèse sur d’autres familles qui ont fait d’autres choix que le programme du monopole de l’Éducation du Québec. Mais en vieil instituteur qui défend sa paroisse, il ne semble pas pouvoir imaginer que d’autres manières de faire existent.

Au cours de la dernière session parlementaire, il a affirmé que des centaines d’enfants passent à travers les mailles du système, hors de l’écran radar du ministère de l’Éducation. Les parents risquent cependant de se cacher davantage s’ils n’ont pas le choix de pédagogie et d’évaluateur. Un parent nous a indiqué qu’il avait déjà pris des dispositions pour que son fils quitte le Québec pendant l’année scolaire prochaine.

M. Roberge prétend également que son nouveau règlement vise à encadrer non seulement l’enseignement à la maison, mais aussi les écoles illégales, notamment religieuses. On aimerait savoir lesquelles puisque les yéchivas juives qui ont tant défrayé la chronique ne sont pas illégales, mais des petits séminaires et donc non assujettis à la loi sur l’instruction publique (ou privée) selon le juge Dugré

Aucun journaliste ne semble être assez curieux pour poser la question au ministre, se contentant de recopier les communiqués émanant du Monopole sans sourciller (voir les « mieux encadrés », plutôt que « davantage surveillés » et les « en laissant la flexibilité nécessaire » alors qu’il faudrait le démontrer, les associations de parents qui instruisent leurs enfants à la maison ne semblent pas le penser !) Et outre, il faudrait démontrer que cette bureaucratie et ces contraintes supplémentaires sont efficaces, or cela ne semble pas évident les États les plus tatillons dans la surveillance de l’instruction à domicile n’obtiennent pas de meilleurs résultats  que ceux plus souples.

Enfin, il est facile pour M. Roberge de bomber le torse contre des parents très minoritaires afin de paraître dure (mais juste à ses yeux doit-on croire) sans régler les problèmes de fond qui affecte nettement plus de gens : l’école québécoise est médiocre au niveau de l’enseignement de la culture générale, trop de garçons dans les écoles décrochent encore, les parents n’ont pas vraiment le choix de programme puisque celui du ministère s’impose à tous (ce n’est évidemment pas le cas dans de nombreux pays en commençant par la France).

Le diagnostic de M. Roberge candidat... Ministre, il veut désormais que les parents imitent cette école qui diplôme des « analphabètes » ?

Christine Perry, mère d’une fillette de neuf ans scolarisée à la maison, est partiellement satisfaite des concessions faites par le ministre Roberge.

« Ce que le ministre considère comme des contenus d’apprentissage minimalistes, c’est une pédagogie qu’il ne comprend pas », a réagi au Devoir cette militante du Réseau des écoles démocratiques au Québec (REDAQ) et du Front de solidarité pour la liberté éducative.

Elle a hâte de voir le texte modifié du règlement, qui sera publié dans la Gazette officielle du Québec du 17 juillet. Elle surveillera la façon dont le ministre obligera l’enseignement de disciplines supplémentaires — ou de compétences. « On pourra voir à ce moment-là s’il a vraiment été à l’écoute des parents », dit Christine Perry.

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lundi 15 juillet 2019

« Unplanned, Un tissu de mensonges » : le journalisme uniquement à charge (m à j)

La pression médiatique ne se relâche pas sur le film Unplanned. Malgré la campagne médiatique et politique contre les cinémas Guzzo qui diffusent Unplanned au Québec, peu de gens se sont mobilisés contre la projection de ce film : Groupuscule manifeste devant cinéma qui projette Unplanned, Radio-Canada sur place pour couvrir l’« événement ».

[Mise à jour : recettes pour la première fin de semaine, selon le distributeur

Sur 49 écrans au Canada, recettes de démarrage de 345.000 $
vendredi, 12 juillet brut (estimation) : 135.000 $
samedi,  13 juillet brut (estimation) : 110.000 $
dimanche, 14 juillet (estimation) : 100.000 $
soit une moyenne de 7.041 $ par écran.]

Isabelle Hachey de La Presse en rajoute une couche aujourd’hui et intitule sans ambages son article sur Unplanned « Un tissu de mensonges ». Elle reprend les critiques (peut-être fondées) à l’égard du témoignage d’Abby Johnson. L’ennui c’est que son article est uniquement à charge et qu’il ne reprend que les arguments des partisans pro-avortement sans jamais ne fût-ce qu’évoquer les réponses d’Abby Johnson aux diverses accusations.

Puisque l’information n’est pas facile à obtenir en français, voici notre traduction de la notice Wikipédia sur Abby Johnson uniquement disponible en anglais, elle comprend des éléments que Mme Hachey aurait dû relater. Nous avons aussi précisé, résumant des articles de presse sourcés, quelques points comme le 3 % que représenteraient les avortements pour Planned Parenthood ou la nature des documents produits par Planned Parenthood pour affirmer qu’aucun avortement du type décrit par Abby Johnson n’aurait eu lieu le jour donné.

Abby Johnson devant l’organisation
espagnole HazteOir en 2015.


Jeunesse

Abby Johnson a grandi à Rockdale, au Texas. Elle est diplômée de la Rockdale High School. Elle a obtenu un baccalauréat ès sciences en psychologie de la Texas A and M University et une maîtrise ès arts en conseil de la Sam Houston State University [2].

Emploi à Planned Parenthood

Bien qu’élevée dans une famille conservatrice opposée à l’avortement, Johnson a commencé à faire du bénévolat pour Planned Parenthood après avoir vu leur stand à une foire du bénévolat dans son université [3]. Elle dit n’avoir jamais entendu parler du groupe auparavant et ne pas avoir su qu’on y pratiquait des avortements et que Planned Parenthood lui a dit alors qu’ils voulaient réduire le nombre d’avortements [3]. Johnson y a fait du bénévolat en 2001 et a accédé par la suite au poste de directrice des services communautaires. Se disant alors « extrêmement pro-choix », elle a travaillé pendant huit ans à la clinique Planned Parenthood de Bryan, au Texas, escortant les femmes de leur voiture à la clinique et finissant par en occuper le poste de directrice [4]. Johnson a régulièrement rencontré des militants de la Coalition pour la vie (désormais connue sous le nom de 40 Jours pour la vie), un groupe local pro-vie qui manifestait devant la clôture de la clinique et a décrit le harcèlement généralisé du personnel de la clinique par ces activistes anti-avortement [5]. Décrivant des menaces de mort proférées contre elle-même et sa famille, elle a déclaré : « C’est très effrayant, ce groupe de personnes qui prétendent être ces guerriers de la prière pacifiques, ou peu importe comment ils s’appellent, c’est ironique que certains envoient des menaces de mort. »[5] La clinique de Planned Parenthood familiale a nommé Johnson comme employée de l’année en 2008 [5].

Démission

Johnson affirme qu’en septembre 2009, elle avait été appelée à participer à un avortement sous échographie à 13 semaines de gestation. Elle a dit qu’elle était déconcertée de voir à quel point l’image échographique ressemblait à celle de sa propre fille. Johnson, qui croyait auparavant que les fœtus ne pouvaient rien ressentir lors de l’avortement, a déclaré avoir vu le fœtus se tortiller et se tordre pour éviter l’aspirateur utilisé pour l’avortement. [6]

« Un bref instant, écrit-elle dans sa biographie Unplanned, le bébé ressemblait à torchon que l’on tord, tournoie et essore. Ensuite, il s’est recroquevillé et a commencé à disparaître dans la canule sous mes yeux. La dernière chose que j’ai vue était la minuscule colonne vertébrale parfaitement formée aspirée dans le tube, puis elle disparut. »[7]

Johnson a continué à travailler à la clinique pendant encore 9 jours, mais elle a rapidement rencontré Shawn Carney, chef de l’organisme local Coalition pour la vie qu’elle avait souvent rencontré après ses années d’activisme contre Planned Parenthood. Elle lui a dit qu’elle ne pourrait plus continuer à aider les femmes à se faire avorter. Elle a démissionné le 6 octobre 2009. [6]

Après sa démission, Johnson a déclaré que ses patrons avaient fait pression sur elle pour qu’elle augmente leur chiffre d'affaires en pratiquant de plus en plus d’avortements à la clinique. [4] Johnson a reconnu qu’elle ne pouvait pas produire d’ordres écrits pour prouver ses allégations et a estimé que chaque avortement dégageait un bénéfice de 350 $ pour la clinique  [4].

Un article sur Salon.com a mis en doute les déclarations de Johnson au sujet des incitations financières à pratiquer des avortements, affirmant que l’avortement ne représente que 3 % des services de Planned Parenthood. [5] [Ce chiffre est trompeur. Il s’agit du nombre d’interventions pas des revenus tirés par chaque type d’interventions. Lire à ce sujet For Planned Parenthood abortion stats, “3 percent” and “94 percent” are both misleading (Washington Post) « Si l’on compte chaque service de manière égale, les avortements représentent 3 % du total du nombre de services prestés par Planned Parenthood. Mais il existe des différences évidentes entre ces services. Ainsi, un avortement au premier trimestre peut-il coûter jusqu’à 1 500 dollars, selon le site Web Planned Parenthood. Pourtant, une pilule contraceptive d’urgence coûte environ 45 dollars et un test urinaire de grossesse ne coûte qu’environ 10 dollars dans une pharmacie. [...] Bien que chaque service soit répertorié séparément, de nombreux clients ont reçu plusieurs services lors d’une même visite. Une femme peut passer un test de grossesse, recevoir des contraceptifs et un dépistage du cancer du col utérin lors d'une visite, mais elle serait comptée trois fois, une fois pour chaque service, dans le rapport annuel. »]

La description de Johnson de sa conversion a été remise en question. Planned Parenthood a déclaré que ses dossiers indiquent qu’aucun avortement guidé par échographie n’avait été pratiqué à la date à laquelle Johnson a déclaré avoir été témoin de la procédure. Le médecin qui pratiquait les avortements à la clinique Bryan a déclaré qu’on n’avait jamais demandé à Johnson d’aider lors d’un avortement. Bien que Johnson ait déclaré que l’avortement concernait un fœtus âgé de 13 semaines, les dossiers de la clinique Bryan ne montrent aucun avortement de ce type pratiqué à la date en question. [8] En réponse, Johnson a déclaré que les données communiquées aux médias par Planned Parenthood n’étaient pas les formulaires officiels de « notification d’avortement provoqué » envoyés au Ministère de la Santé du Texas et que même ces formulaires officiels ne documentaient pas l’utilisation de l’échographie pour guider un avortement. Elle attribue l’absence de dossier relatif à un avortement de fœtus âgé de 13 semaines à la mauvaise tenue des dossiers de Planned Parenthood et à une possible manipulation de la part de l’organisme, et note que l’organisation n’a pas directement tenté de réfuter le fait que l’événement s’est produit, y compris lorsqu’ils l’ont poursuivie en justice. [9]

Selon une requête en justice déposée par Planned Parenthood, Johnson a été soumise à un « plan d’amélioration des performances » quatre jours avant sa démission. La requête soutient que, à la suite de cela, elle a été vue en train de « retirer des articles » de la clinique et de copier des « dossiers confidentiels ». Elle aurait fourni donné le curriculum vitae, l’adresse du domicile et le numéro de téléphone d’un médecin qui pratique des avortements à la Coalition pour la vie. [5] Planned Parenthood s’est vu accorder une ordonnance de restriction temporaire à l’encontre de Johnson et de la Coalition pour la vie après la démission de Johnson. [4] L’ordonnance a été levée par un tribunal une semaine plus tard [10]. Johnson elle-même a déclaré que le « plan d’amélioration de la performance » était dû à sa réticence à augmenter le nombre d’avortements pratiqués dans son établissement. Johnson nie également les accusations selon lesquelles elle aurait dérobé, copié ou distribué des informations confidentielles et a indiqué dans son livre que son avocat les avait réfutées au moment de la levée de l’ordonnance de restriction temporaire [7].

L’histoire de Johnson a fait l’objet d’une couverture nationale à partir de novembre 2009, date à laquelle elle a été adoptée par le mouvement anti-avortement et comparée à Norma McCorvey, la « Jane Roe » de Roe v. Wade, la Cour suprême des États-Unis qui a légalisé l’avortement en 1973. McCorvey a rejoint le mouvement anti-avortement en 1995 [11].

Activisme pro-vie

Peu de temps après sa démission, Johnson a commencé à faire du bénévolat auprès de la Coalition pour la vie, celle-là même qui priait régulièrement devant son ancienne clinique. [12]

Depuis, Johnson a adopté une éthique de vie cohérente, s’opposant non seulement à l’avortement — dans tous les cas [13] — mais également à la peine de mort et à l’euthanasie [14]. Elle préconise la planification familiale naturelle au lieu de toute forme de régulation des naissances artificielle. [13]

Johnson est l’auteur de deux livres. Unplanned [Imprévu], publié en janvier 2011, détaille son travail chez Planned Parenthood et sa conversion en opposition à l’avortement ; le livre est la base d’un film sorti en mars 2019. [15][16] The Walls Are Talking: Former Abortion Clinic Workers Tell Their Stories [Les murs parlent : d’anciennes travailleuses des cliniques d’avortement racontent leurs histoires, recension en français ici], publiées en 2016, raconte l’histoire d’anciennes travailleuses de ces cliniques convaincues par son ministère.

Johnson dirige un ministère anti-avortement, Et il n’en resta plus aucun [dernière ligne d’une comptine] (ATTWN). L’organisme cherche à aider les travailleurs des cliniques d’avortement à quitter ce secteur. ATTWN a été fondée en 2012. [17]

Johnson a participé à la Marche des femmes 2017 à Washington, DC, le 21 janvier 2017. [18][19]

Vie privée

Johnson a révélé en janvier 2011 qu’elle avait elle-même eu deux avortements avant la naissance de sa fille [6]. Elle vit au Texas avec son mari Doug [2] et leurs sept enfants [20].

Johnson a été élevée en tant que baptiste du Sud, mais a quitté cette église parce qu’elle réprouvait son travail à Planned Parenthood. Elle et son mari Doug, qui a grandi dans la religion luthérienne, ont complètement cessé de fréquenter l’église pendant deux ans avant de se joindre à l’Église épiscopale, qui a l’une des positions les plus libérales en matière d’avortement parmi toutes les confessions protestantes historiques. Après avoir annoncé publiquement sa conversion au mouvement pro-vie, Johnson a déclaré qu’elle ne se sentait plus la bienvenue dans cette église. [21] Elle et son mari se sont convertis au catholicisme en 2012. [22]



[3] Drake, Tim. « Ce qu’Abby Johnson a vu au planning familial ». National Catholic Register. Archivé de l’original le 14 juillet 2011. Consulté le 2011-07-02.

[4] Abrams, Joseph (2 novembre 2009). « La directrice de la planification familiale quitte son poste après avoir observé un avortement par échographie ». Fox News. Archivé de l’original le 29 juin 2011. Consulté le 30 juin 2011.

[5] Clark-Flory, Tracy (3 novembre 2009). “La conversion d’une guerrière pro-choix”. Salon.com. Récupéré le 8 avril 2011.

[6] Mann, Benjamin. « Abby Johnson révèle les détails de son volte-face pro-vie et de sa conversion catholique ». Agence de presse catholique. Récupéré le 2011-07-02.

[7] Johnson, Abby (2011). Unplanned [Imprévu]. SaltRiver. ISBN 978-1-4143-3939-9.

[8] Blakeslee, Nate (février 2010). « La convertie ». Texas Monthly. Récupéré le 30 juin 2011. « La clinique Bryan a annoncé avoir pratiqué 15 avortements chirurgicaux le 26 septembre. Johnson a toujours dit que la patiente en question était enceinte de treize semaines, ce qui est plausible, car treize semaines sont sur le moment où l’on commence à utiliser l’échographie pour faciliter l’opération. Toutefois, aucune des patientes reprises dans les dossiers de ce jour-là n’était enceinte de treize semaines ; en fait, aucune n’était au-delà de dix semaines. »

[9] Johnson, Abby (8 avril 2019). « J’ai vraiment vu un avortement guidé par ultrasons qui m’a rendu pro-vie ». Le fédéraliste. Récupéré le 13 avril 2019. [Johnson critique ici le document de Planned Parenthood qui affirmerait qu’aucun avortement de 13 semaines n’aurait eu lieu le jour donné, mais ce n’est en rien le document réglementaire transmis au Ministère [Induced Abortion Report Form] dont le format est tout autre. Ce « mauvais document Excel » est la seule base de l’article de Texas Monthly [8 ci-dessus], une publication progressiste, reprise ensuite par toutes les journalistes de la même eau, comme Isabelle Hachey de La Presse.]

[10] « Levée de l’injonction contre le directeur de la planification familiale de l’ex-centre du Texas ». Kwtx.com. 2009-11-11. Archivé de l’original le 13 juillet 2011. Consulté le 2 juillet 2011.

[11] Dorning, Anne-Marie (2009-11-05). « La directrice de la clinique de planification familiale se joint à organisme Pro-Vie ». ABC News. Archivé de l’original le 28 juin 2011. Consulté le 2011-07-02.

[12] Allen, Nick (2009-11-02). « Le responsable de Planned Parenthood démissionne après avoir vu l’échographie de l’avortement ». Le Daily Telegraph. Récupéré le 2011-07-02.

[13] Abby Johnson (5 août 2014). « Questions fréquemment posées ». Facebook.

[14] « Abby Johnson. Consistent » (PDF). wix.com. Récupéré le 29 mars 2019.

[15] Nolasco, Stephanie (2019-02-25). « La militante pour la vie, Abby Johnson, réagit à la note R du film anti-avortement : » Nous repoussons les limites « . » Fox News. Récupéré le 26 mars 2019.

[16] Lisa Bourne (31 janvier 2019), « REGARDEZ : bande-annonce publiée pour le film “Unplanned” sur la conversion pro-vie d’Abby Johnson », LifeSiteNews.

[17] « AbortionWorker ». abortionworker.com. Récupéré le 29 mars 2019.

[18] Green, Emma (16 janvier 2017). Ces femmes pro-vie se dirigent vers la marche des femmes à Washington : y a-t-il une place dans le mouvement pour les personnes qui s’opposent moralement à l’avortement ?, L’Atlantique. Récupéré le 18 janvier 2017.

[19] « Les femmes anti-avortement qui continuent de marcher ».

[20] « Merci d’être passé ». AbbyJohnson.org. Extrait 2019-04-07.

[21] Duin, Julia (2009-11-13). « Ancienne directrice de la clinique : une église frileuse à mon revirement pro-vie ». Le Washington Times. Récupéré le 2011-07-02.

[22] « Abby Johnson — Ancienne baptiste et épiscopalienne ». Le réseau Coming Home. 2019-01-22.



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dimanche 14 juillet 2019

Violence entre partenaires intimes : les hommes plus souvent victimes

Alexandra Lysova, criminologue à l’université Fraser, collabore avec les plus grands chercheurs du monde entier depuis qu’elle a commencé, il y a presque 20 ans, à enquêter sur la violence conjugale.


Lysova a épluché les données de l’Enquête sociale générale au Canada sur la violence entre partenaires intimes (VPI). Elle et ses collègues ont découvert que 418 000 hommes et 341 000 femmes canadiens déclarent avoir été victimes de violence conjugale physique ou sexuelle.

Aux côtés de Eugene Emeka Dim, étudiant au doctorat à l’Université de Toronto, Lysova a présenté ses conclusions début juin au grand congrès des sciences humaines de l’Université de Colombie-Britannique.

L’exposé du duo s’intitulait « Les réalités cachées de la victimisation des hommes et des garçons ». Il s’appuyait sur leurs travaux et ceux de collègues, publiés dans diverses revues spécialisées, sur un phénomène qui -- ils le comprennent désormais -- se produit dans de nombreux pays.


Le Graphique indique le pourcentage de femmes et d’hommes canadiens qui ont subi différents types de violence physique domestique (Source : Alexandra Lysovo, d’après les données de l’Enquête sociale générale du Canada)

Lysova sait que le type de données qu’elle et son collègue découvrent peut déranger certaines personnes, qui ne veulent pas voir les informations sur l’angoisse des hommes utilisées pour éroder les programmes mis en place pour les femmes victimes de violence. Mais Lysova souligne que les femmes ne doivent pas être les seules à bénéficier d’empathie.

« Il ne s’agit pas de prendre aux femmes », a déclaré Lysova dans son exposé, qui prône pour de nouvelles politiques publiques tenant compte de la diversité des expériences de maltraitance de chaque sexe.

La violence conjugale en général est en baisse au Canada.


L’Enquête sociale générale de 1999 a révélé que huit pour cent des femmes et sept pour cent des hommes canadiens ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale au cours des cinq années précédentes.

En 2014, la proportion de femmes signalant des actes de violence conjugale avait considérablement diminué, pour atteindre 3,5 %. Mais le segment de la violence conjugale contre les hommes avait diminué plus lentement, atteignant 4,2 %.

Les données canadiennes recueillies par Lysova montrent que la violence et les sévices conjugaux sont vécus de manière très différente par les femmes et les hommes (la plupart des études portent sur les couples hétérosexuels).

Selon l’Enquête sociale générale menée tous les cinq ans par Statistique Canada, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être victimes d’agression sexuelle. Bien que le nombre de cas signalés soit relativement faible, les femmes sont également les plus susceptibles de subir des blessures physiques ou d’être victimes d’un homicide.

En revanche, la dernière enquête sociale générale a révélé que les hommes étaient beaucoup plus susceptibles de signaler que leur conjoint menaçait de frapper, leur lançait un objet dangereux, les giflait, leur donnait des coups de pied, les mordait ou les frappait du poing.

Une autre enquête sur la violence conjugale, réalisée par la psychologue américaine Denise Hines, s’est penchée sur d’autres manières dont les femmes et les hommes sont victimes de violence conjugale, notamment les  cas d’« agression judiciaire et administrative ».


Alors que M. Hines a constaté que les femmes sont plus susceptibles de déclarer avoir été traitées de tous les noms ou empêchées d’accéder au revenu familial, les conjoints de sexe masculin ont plus souvent déclaré que leur partenaire essayait de contrôler chacun de leurs mouvements ou leur refusait l’accès à leurs enfants.


Ce refus d’accès conduit à des cas d’« aliénation parentale » de plus en plus fréquents, a déclaré Lysova (ci-contre), lors desquels l’un des partenaires, en particulier après une séparation, empoisonne injustement la réputation de l’autre conjoint dans l’esprit de leurs enfants.

Les hommes et les femmes exposés à de graves abus — émotionnels ou physiques, a déclaré Lysova, sont extrêmement vulnérables à diverses formes de TSPT (trouble de stress post-traumatique), telles que l’engourdissement, l’évitement et le besoin désespéré de rester constamment sur ses gardes. Expérience que certains appellent maintenant « terrorisme intime ».

Cependant, la plupart de ces données sur la violence conjugale contre les hommes et les femmes ne sont pas connues du grand public et même de nombreux professionnels.

« Beaucoup de gens ne peuvent tout simplement pas imaginer », a déclaré Lysova, que les hommes sont également victimes de violence conjugale.

Bien que, selon Lysova, les criminologues et les psychologues canadiens soient généralement au courant de la réalité de la violence conjugale envers les garçons et les hommes, elle craint que cela ne soit pas toujours le cas de certains prestataires de services sociaux ainsi que dans les services de police.

Étant donné que ces derniers sont en première ligne lorsque des conflits domestiques se produisent, c’est l’une des raisons pour lesquelles les hommes victimes de violence conjugale ne la signalent pas souvent aux autorités (alors que davantage de femmes le font et que la plupart des statistiques citées concernant la violence domestique sont basées sur des rapports de police).

Les victimes masculines ont l’impression qu’ils ont peu de chance d’être crus par la police et par les autres professionnels, a déclaré Lysova. « Et ils ne veulent pas essuyer un refus et être victimes une seconde fois. »

Selon Lysova, de nombreux hommes sont élevés dans des cultures dans lesquelles on leur dit de ne pas se plaindre ni de pleurer et où il est perçu comme honteux d’être frappés par une femme. De nombreux hommes, a-t-elle dit, craignent qu’on se moque d’eux s’ils signalent avoir été attaqués par une femme.

Il existe également un problème structurel fondamental. Bien qu’il y ait maintenant des centaines de refuges dans tout le pays pour les femmes qui fuient la violence domestique, Lysova a déclaré : « Nous savons qu’il n’y a pas de refuges pour hommes au Canada. Où vont-ils ? »

Pour éviter que les conflits familiaux courants ne dégénèrent en violences physiques ou en abus émotionnels et financiers bien plus graves, Lysova recommande aux hommes et aux femmes de « rechercher les signaux d’alarme dans leur situation familiale ».

Les partenaires qui souhaitent se tenir à l’écart des scènes explosives de colère, a déclaré Lysova, doivent surveiller les signes d’abus de drogue ou d’alcool chez leur conjoint. Ils ont également besoin de reconnaître quand ils « vivent avec un partenaire qui veut contrôler totalement leur vie ».

Mais il est particulièrement difficile pour les hommes de remarquer quand ils vivent dans un ménage dangereux et toxique, a déclaré Lysova. « Les hommes n’aiment pas se considérer comme des » victimes « . »


Source : The Vancouver Sun


Voir aussi


« La Pilule rouge », le film que des féministes veulent interdire

Violences conjugales : les hommes battus oubliés en France comme au Québec ?

Les gars, l’école et le Conseil du statut de la femme



samedi 13 juillet 2019

Histoire — Photos colorisées de la Russie (fin XIXe siècle-1961)

Nous avions déjà publié de rares photos en couleurs de la Russie impériale, en voici des colorisées par Olga Chirnina, alias Klimbim. Elles illustrent la Russie de la fin du XIXe siècle à 1961. Les couleurs sont reconstruites et peuvent parfois ne pas être exactement fidèles à la réalité, mais elles sont splendides. Cliquez sur les images pour faire apparaître une version plus grande de celles-ci.


Famille russe, région d’Ékaterinbourg, Sibérie, fin XIXe ou début XXe siècle.




Pâques au front 1916, ХВ = Христос воскрес = Le Christ est ressuscité



 Premiers passagers du nouveau métro de Moscou, 1935



Le 7e régiment de chasseurs prend la pose sur le front de l’Est, 1915


Fileuse de Carélie (mer Blanche) en 1894.


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Membres des Romanov, dernière famille impériale de Russie, en 1914. Assis (de gauche à droite) la grande-duchesse Marie, l’impératrice Alexandra, Nicolas II (au centre), la grande-duchesse Anastasia et le grand-duc Alexei (devant) et debout (de gauche à droite), la grande-duchesse Olga et la grande-duchesse Tatiana


Alexandra Feodorovna et les grandes-duchesses Olga et Tatiana dans l’hôpital militaire de Tsarskoïe Selo (1914-1917)


Paysannes russes (1914-1916)


Lycéennes, Russie impériale (1900-1917)


Le cosmonaute Youri Gagarine, mardi 11 juillet 1961


La pilote (bombardier de nuit) Natalie Mekline-Kravtsova


Léon Tolstoï avec sa femme Sophie





Ébénistes du village de Sabourovo vers 1900.



La Rue Ostojenka (улица Осто́женка) à Moscou en hiver, vers 1890.


Des ouvriers de l’usine de construction mécanique de Kramatorsk arrachent l’enseigne de la sidérurgie allemande Friedrich Krupp AG alors que la région vient d’être reprise par l’armée rouge aux forces allemandes en 1943


L’une des dernières photographies de Nicolas II, prise en mars 1917 à Tsarskoïe Selo après son abdication


La comtesse Fersen, née princesse Dolgorouky (déguisée en femme de boyard du XVIIe siècle lors d’un bal costumé en 1903 au palais d’hiver de Saint-Pétersbourg)

Une Ford-A construite en URSS, 1930



Photographe de rue dans les ruines de Varsovie (sous occupation soviétique) en 1946


Les grandes-duchesses Olga et Tatiana avec leur précepteur suisse Pierre Gilliard à Livadia en Crimée, 1911


Groupe de sœurs de la Charité dans la salle à manger pendant le dîner, communauté de Herbovets/Hîrbovăț en Moldavie actuelle, années 1900

Le Québec prend un coup de vieux, aucune mesure d'aide à la naissance malgré un désir d'enfants ?

Selon les prévisions démographiques de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le Québec va prendre un solide coup de vieux au cours des prochaines décennies. Voir « Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066 ».

En 2036, soit dans à peine 17 ans, les 65 ans et plus représenteront 26 % de la population québécoise. Pour vous montrer à quel point cette proportion est élevée, sachez qu’en 2001, ils comptaient pour seulement 13 % de la population du Québec. C’est donc dire que le poids démographique des 65 ans et plus au Québec aura ainsi plus que doublé en l’espace de 35 années.


Le vieillissement de la population entraîne une panoplie de conséquences directes :

  • Comme leurs revenus baissent, les 65 ans et plus paieront moins d’impôt
  • Le coût gouvernemental des soins de santé augmentera
  • Le coût des autres services publics offerts aux gens âgés grimpera
  • Hausse des crédits d’impôt pour les aînés
  • Hausse également des versements de prestations de vieillesse
  • La main-d’œuvre au service des gens âgés deviendra plus difficile à trouver

Gageons qu’aucune mesure nataliste ne sera annoncée pour contrer ce vieillissement, des mesures qui aideront financièrement les familles à avoir le nombre d’enfants qu’elles déclarent vouloir avoir (fiscalité, calcul de la pension). Actuellement, une énorme partie de la politique familiale ne vise en réalité qu’à renvoyer les femmes au bureau le plus tôt possible. Cela n’a aucun effet démographique positif puisque les sommes consacrées à cette politique sont énormes, mais l’indice conjoncturel de fécondité continue de baisser au Québec pour atteindre 1,59 enfant par femme.


Rappelons que les familles occidentales veulent en moyenne, cela varie d’un pays à l’autre, un peu moins d’un enfant de plus qu’elles n’auront. On parle en termes techniques de « déficit important entre descendance idéale déclarée et descendance réelle ». C’est ainsi que les Françaises ont moins d’enfants que ce qu’elles souhaiteraient idéalement et ça fait plusieurs décennies que ça dure. À l’heure actuelle, si elles avaient le nombre d’enfants qu’elles disent vouloir idéalement, l’indice conjoncturel de fécondité serait de ~2,4 enfants par femme au lieu de ~1,9 enfant par femme. Voir https://ifstudies.org/blog/the-global-fertility-gap. Une des raisons de cet écart entre le nombre idéal d’enfants voulu et le nombre obtenu : le coût lié à l’accueil d’un enfant supplémentaire.













Insister sur Pythagore et π perpétuerait le « privilège immérité » des Blancs (rediff estivale)

Une professeure d’éducation mathématique à l’Université de l’Illinois a soutenu dans un livre paru récemment que les compétences algébriques et géométriques perpétuent le « privilège immérité » parmi les blancs.

Dans cet ouvrage collectif intitulé Soutenir des pratiques scientifiques en méthodes mathématiques, Mme Gutierrez soutient que l’accent en mathématiques mis sur le théorème de Pythagore et le nombre pi (π) alimente l’idée que les mathématiques ont été inventées par les Grecs et les Européens.

Rochelle Gutierrez, professeure à l’Université de l’Illinois, a fait cette demande dans une nouvelle anthologie pour les professeurs de mathématiques, affirmant que les enseignants doivent être conscients de la « politique que les mathématiques apportent » dans la société.

« À de nombreux niveaux, les mathématiques fonctionnent comme la blancheur. Ceux à qui revient le mérite d’avoir inventé et développé les mathématiques, ceux qui ont la bosse des maths et qui sont considérés comme faisant partie de la communauté mathématique sont généralement considérés comme blancs », de soutenir Gutierrez.

Les mathématiques aident également à perpétuer activement le privilège blanc, puisque la façon dont notre économie accorde une grande importance aux compétences en mathématiques confère aux maths une forme de « privilège immérité » pour les professeurs de mathématiques, qui sont d’un blanc disproportionné.

« Sommes-nous vraiment si intelligents parce que nous faisons des mathématiques ? » Demande-t-elle, se demandant en outre pourquoi les professeurs de mathématiques obtiennent plus de bourses de recherche que les professeurs de « sciences sociales ou d’anglais ».

En outre, elle s’inquiète aussi que les évaluations des compétences en mathématiques puissent perpétuer la discrimination contre les minorités, surtout si elles font pire que leurs homologues blancs.

« Si l’on n’est pas considéré comme mathématique, il y aura toujours un sentiment d’infériorité qui peut être invoqué », dit-elle, ajoutant qu’il y a tellement de minorités qui « ont vécu des microagressions en participant à des cours de maths… par si elles peuvent raisonner abstraitement. »

Pour lutter contre cela, Gutierrez encourage les futurs enseignants de mathématiques à développer un sens de « conocimiento politique », une expression espagnole voulant dire « connaissance politique ».

Gutierrez souligne que toute connaissance est « relationnelle », affirmant que « les choses ne peuvent pas être connues objectivement ; ils doivent être connus subjectivement. »

Campus Reform et The Independent ont contacté Gutierrez pour commentaire, mais n’ont pas reçu de réponse selon leurs articles.


vendredi 12 juillet 2019

Groupuscule manifeste devant cinéma qui projette Unplanned, Radio-Canada sur place pour couvrir l'« événement »

Raymond Ayas, candidat du Parti Populaire du Canada aux élections fédérales, est allé voir le film Unplanned qui semble tant déranger les militants proavortements et certains médias. Voir Pressions médiatiques et politiques contre les cinémas Guzzo qui vont projeter Unplanned et « Unplanned, Un tissu de mensonges » : le journalisme uniquement à charge.

Il a remercié la ministre Joly, son adversaire politique dans la circonscription d’Ahuntsic-Cartierville : « Merci à Mélanie Joly d’avoir attiré autant l’attention sur le film #unplannedmovie ! Vraiment stratégique de sa part. Personnellement, je crois en la liberté de conscience, la liberté de dépenser mon argent où je veux et la liberté de voir des films. #LaMinutePopulaire ».




On remarquera que des employés de Radio-Canada discutent à la fin de la vidéo avec M. Ayas. Ils attendaient LA manifestation annoncée par des activistes féministes et n’avaient pas hésité à déplacer des moyens techniques pour ce faire. Nous connaissons de nombreuses manifestations (anti-ECR, notamment à Granby et à Sherbrooke) qui avaient rassemblé nettement plus de personnes et qui n’ont jamais eu l’heur d’attirer des moyens de Radio-Canada... Étrange.

La manifestation de militants proavortements devant le multiplex Guzzo du Marché Central ne réunira en fin de compte qu’une poignée groupusculaire (ci-dessous) d’opposants à la diffusion de ce film. Guère plus d’une douzaine de personnes.



Radio-Canada qualifie cet embarrassant fiasco de « manifestation timide »...

Son article (visible ici) ne donne la parole qu’à une personne sur place : Sonia Palato cofondatrice de La Riposte féministe. De M. Ayas ou toute autre personne qui aurait vu le film, nulle trace.  [Mise à jour : Raymond Ayas précise en commentaire : Radio-Canada m’a effectivement passé en entrevue. Cependant mon message était peut-être trop cohérent : l’entretien n’a pas été diffusé. C’est la deuxième fois que ce média me joue ce tour. La première est ici : https://ppcahuntsiccartierville.nationbuilder.com/entrevue_jamais_diffusee_radio_canada.]

Radio-Canada reprend ensuite une dépêche de l’agence de presse, La Presse Canadienne. Elle cite ainsi un communiqué de presse de Cinéplex qui affirme « Je comprends les préoccupations concernant ce film », mais cette défense timide du droit de diffuser des films « controversés » ne suffit pas à rééquilibrer l’article et à expliquer l’absence d’avis enthousiastes de la part de partisans de sa diffusion, alors qu’il y en avait sur place.

Vient ensuite le vernis « sérieux » de l’article dans un encadré intitulé « Ce que dit la science » sur l’avortement pour « briser certains mythes tenaces ». Évidemment les faits sélectionnés (par exemple : « les saignements [abondants et peu ragoutants] vus dans le film surviennent dans 1 % des cas ») vont tous dans le sens de la banalisation de l’avortement. On aurait pu inclure d’autres faits scientifiques : « le fœtus est bien un être humain vivant distinct de sa mère » ou encore « la vie commence dès la conception, dès la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde », mais ces faits-là ne vont sans doute pas dans le bon sens. En outre, l’inclusion sélective de faits médicaux ne répond en rien à une question éminemment morale, plutôt que scientifique ou médicale. La mère a-t-elle un droit imprescriptible de tuer un être humain viable qu’elle porte en son sein en toute circonstance comme le permet actuellement la loi canadienne ? Et si oui, pourquoi ? Dire que le corps du fœtus est le corps de la mère (« mon corps, mon choix ») est inexact scientifiquement, l’ADN de l’enfant à naître est différent de celui de la mère. Il y a deux corps en question. Ah, tiens encore un « mythe tenace » que l’article ne semble pas vouloir « briser ».

Parmi les arguments de la militante Sonia Palato, mis bien en exergue par la SRC (voir ci-dessous), on retrouve celui lié à l’aspect « émotionnel » du film. Cet argument nous paraît singulièrement de mauvaise foi et pourtant l’article de Radio-Canada ne donne la parole à aucun contradicteur pour le réfuter. Or, depuis quand les films de fiction devraient-ils ne pas jouer sur les émotions ? Tous les films émouvants pour les grandes causes le font (La Liste de Schindler sur l’Holocauste, La fille à un million de dollars de Clint Eastwood sur l’euthanasie, etc.) Faut-il comprendre que jouer sur les émotions n’est permis que pour les films qui défendent des causes que les militants progressistes agréent ? Et que dire de l’usage des images et reportages émouvants dans des médias publics qui se veulent informatifs et objectifs ? On trouvera ainsi diffusés des images et des témoignages poignants sur les difficultés (parfois la mort) d’immigrants illégaux qui essaient de rejoindre l’Europe ou les États-Unis (Radio-Canada n’hésite pas à montrer les enfants morts dans ces cas), mais on interdira ou censurera des photos qui illustrent les morts dues au terrorisme au Bataclan à Paris. Ces médias jouent sélectivement sur les émotions avec des images-chocs selon le sujet.



L’auteur de la dépêche s’est donné quelques frissons complotistes en croyant dévoiler les trouble-fêtes responsables de la remise en cause du statu quo unanimement proavortement dans les médias canadiens ou québécois : une obscure camarilla de vils réactionnaires tapis dans de mal famés recoins de la Toile. « Campagne Québec-Vie, indique sur son site Web avoir mené “une longue lutte” pour la venue de ce film au Canada, dans l’espoir de rallier des gens à sa cause en montrant “divers aspects tragiques ou peu ragoûtants de l’avortement”. »

Enfin, nous ne sommes pas sûrs d’avoir bien compris la citation suivante reproduite par le télédiffuseur public : « Les tracts distribués vendredi aux passants par La Riposte féministe accusent Guzzo et Cinéplex de “faire du profit sur le dos de la santé sexuelle et reproductive des femmes cis, des hommes trans et des personnes non binaires et queers” dans un contexte où leur autonomie corporelle est régulièrement attaquée. » Qu’est-ce que les « hommes trans et des personnes non binaires et queers » viennent faire dans une discussion sur l’avortement ? Et que signifie « un contexte où leur autonomie corporelle est régulièrement attaquée » ? « Autonomie corporelle » ? Attaquée ? On aimerait comprendre ce volapük sibyllin. La journaliste est-elle tellement pénétrée d’idéologie LGBTQ2SAI+ qu’elle ne croit même pas devoir expliquer ces affirmations pour le commun des lecteurs ?





Pour trouver une salle qui diffuse le film Unplanned (malheureusement uniquement en anglais) près de chez vous, cliquez sur l’image ci-dessous.



Sciences Po a supprimé son concours d'entrée, plus personne n'en parle

Depuis trente ans, les élites françaises ont détruit méthodiquement tout ce qui faisait le génie national, estime Éric Zemmour du Figaro. Le bac est donné à tout le monde et les mentions TB fleurissent à tous les coins de rue ; et Sciences Po supprime son concours écrit, le seul qui assurait, avec l’anonymat, la garantie d’une sélection honnête.


Cela fait trois semaines et déjà plus personne n’en parle. Plus le moindre article, pas la moindre polémique. Frédéric Mion a réussi son (mauvais) coup. Le patron de Sciences Po a supprimé les épreuves écrites de son concours d’entrée et tout le monde s’en moque. Il a expliqué que désormais tous les étudiants de l’école seraient recrutés sur dossier, et tout le monde — ou presque — a gobé son discours lénifiant, mélange de rêve américain (les universités anglo-saxonnes agissent ainsi) et de lutte des classes (il faut lutter contre l’entre-soi). Au moins, lorsque le prédécesseur de Mion, le « disruptif » Richard Descoings, avait imposé la discrimination positive à l’entrée de l’école, il y a quinze ans, la polémique avait été énorme. On s’était étripé au nom de la République, de la méritocratie, de l’égalité des chances.

Cette fois, rien. Ou presque rien. Pourtant, Mion finit le (sale) boulot de Descoings. Le prestige séculaire de l’ancienne École libre des Sciences politiques reposait sur un concours d’entrée fort sélectif, et en particulier une épreuve écrite d’histoire exigeante. La renommée de toutes les grandes écoles françaises, de l’X à l’ENA, était fondée sur le même patron. Qui lui-même reposait sur un enseignement secondaire de haut niveau. C’était la vraie différence avec le modèle anglo-saxon.

Tous les thuriféraires du modèle anglo-saxon font semblant de ne pas voir que l’extraordinaire renommée des universités américaines tient avant tout à leurs moyens financiers énormes qui leur permettent de payer les meilleurs profs du monde et d’attirer les meilleurs étudiants du monde entier.

Depuis trente ans, les élites françaises ont détruit méthodiquement tout ce qui faisait le génie national.
Le secondaire est d’une rare médiocrité ; le bac est donné à tout le monde et les mentions TB fleurissent à tous les coins de rue ; et Sciences Po supprime son concours écrit, le seul qui assurait, avec l’anonymat, la garantie d’une sélection honnête.

Désormais seront privilégiées non la culture et le travail, et l’intelligence du candidat, mais les valeurs que l’école veut promouvoir : altruisme, générosité, énergie. Bref, Mion veut des étudiants à sa main, soumis à son idéologie bien-pensante. Il veut pouvoir prendre tous les élèves de banlieue qu’il souhaite puisque ceux-ci s’obstinent à ne pas avoir le niveau scolaire de l’épreuve écrite. Entre le mérite personnel et l’endoctrinement idéologique, la direction de Sciences Po a choisi. Tout cela au nom de la République qu’on renie et de la méritocratie qu’on méprise.

Le nihilisme de nos classes dirigeantes est sans limites. Et il se pare de surcroît des atours de la vertu.

jeudi 11 juillet 2019

Allemagne — Petite victoire des parents Wunderlich en attendant que les tribunaux statuent

Un tribunal allemand a statué qu’un couple chrétien qui instruisait leurs enfants à la maison pouvait conserver la garde de leurs enfants dans l’attente d’un appel de la loi du pays sur la fréquentation scolaire obligatoire.

Les enfants Wunderlich

Depuis près de 15 ans, Dirk et Petra Wunderlich se voient obligés de se défendre en justice parce qu’ils ont choisi d’instruire leurs quatre enfants à la maison, en violation d’une ancienne loi allemande qui l’interdit.

Le 2 juillet, un tribunal national a décidé que les Wunderlich pourraient avoir la garde de leurs deux plus jeunes enfants, encore mineurs, en attendant d’être renvoyés devant la plus haute instance de la Cour européenne des droits de l’homme.

« Le droit des parents de diriger l’éducation de leurs enfants est un droit fondamental, protégé par le droit international », a déclaré Robert Clarke, directeur des affaires juridiques pour ADF International.

Clarke est l’avocat principal des Wunderlich devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Il s’est dit « ravi de voir que le tribunal allemand a respecté ce droit et a reconnu que les enfants de Wunderlich vont bien ».

En tant que fervents chrétiens, les Wunderlich voulaient instruire à la maison pour éviter d’exposer leurs enfants à des influences indésirables à l’école allemande.

Lorsque le plus âgé des enfants Wunderlich a atteint l’âge scolaire en 2005, ils ont refusé de s’inscrire à une école. Ils ont été condamnés à plusieurs amendes réglementaires et procédures pénales pour non-respect de la fréquentation scolaire obligatoire.

La famille a vécu à l’étranger entre 2008 et 2011 et, après leur retour à la résidence permanente en Allemagne, a de nouveau refusé d’enregistrer les enfants.

En août 2013, un groupe d’au moins 20 policiers et travailleurs sociaux a fait irruption au domicile de Wunderlich et emmené leurs quatre enfants. ADF International, le groupe juridique représentant les parents, a déclaré que cette action avait traumatisé la famille.

Les enfants ont été placés dans un foyer pour enfants pendant trois semaines. Bien qu’ils aient finalement été rendus à leurs parents, leur statut juridique n’était pas clair. L’État allemand a réussi à forcer la fréquentation des enfants dans une école de 2013 à 2014.

En janvier 2019, la Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg, s’est prononcée contre la famille, affirmant que la fréquentation scolaire obligatoire afin d’« empêcher l’isolement social » et de garantir leur intégration dans la société était une justification pertinente pour s’opposer à l’autorité parentale. Quelle est l’étape suivante de cette intégration forcée aux valeurs progressistes inculquées par l’État ? L’État pourra-t-il s’opposer à ce que des parents quittent le pays avec leurs enfants pour éviter des influences jugées néfastes ?

Pour la CEDH, les autorités allemandes auraient eu raison de présumer que les parents avaient « mis leurs enfants en danger en ne les envoyant pas à l’école ». Les parents « ont persisté dans leur résistance et ont empêché les autorités allemandes d’examiner en détail la situation des enfants » de poursuivre le tribunal. Il ne s’agissait pourtant pas d’empêcher d’examiner, mais d’empêcher d’en profiter pour que l’État s’empare des enfants, ce qu'il fit d'ailleurs par la suite.

Le tribunal a reconnu que les parents avaient ensuite soumis des évaluations d’apprentissage indiquant que les enfants avaient « des connaissances suffisantes, des aptitudes sociales et une relation amoureuse avec leurs parents », mais cette information n’était pas disponible pour les fonctionnaires lorsqu’ils ont décidé de retirer la garde parentale de manière temporaire et partielle.

La famille a formé un recours devant la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme et attend une réponse.

Les enfants de Wunderlich ont exprimé le désir d’être scolarisés à la maison. Dans une lettre au tribunal, l’un d’eux a écrit : « Je veux juste vivre et apprendre en paix avec ma famille sans craindre d’être déchiré, comme en 2009 et en 2013. Je suis allé dans une école publique pendant un an et n’ai certainement pas apprécié la chose. »

L’école à domicile est illégale en Allemagne depuis 1918, bien que ces dernières années, cette politique ait suscité des interrogations et des préoccupations chez des groupes de défense des droits de l’homme qui affirment qu’il s’agit d’une violation du droit à la vie familiale.

En 2014, la Cour constitutionnelle allemande avait statué que les restrictions imposées à l’enseignement à domicile étaient justifiées au motif que le gouvernement avait un intérêt impératif à empêcher la formation de sociétés religieuses ou idéologiques parallèles. On se demande de quelles sociétés religieuses il pourrait bien s’agir, de paisibles et pieux chrétiens ? Notons aussi le paradoxe : l’État progressiste vante sans cesse la diversité comme richesse, mais s’évertue de combattre la diversité morale et religieuse, plus particulièrement si elle s’incarne dans le christianisme traditionaliste.  Le tribunal a également fait valoir qu’obliger les enfants à aller à l’école leur confère l’avantage d’interagir avec d’autres enfants qui pourraient penser « différemment » (ou serait-ce plutôt qui pensent déjà comme il faut).

En 2006, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré qu’il n’y avait pas de droit à l’école à domicile.

Lire au sujet de cette cour ce qu’en pense Éric Zemmour : « l’alliance tacite entre Taubira et les juges [pour le mariage homosexuel] a parfaitement fonctionné par-dessus la tête des parlementaires français et du peuple », déplore Éric Zemmour, qui poursuit : « Cela fait beaucoup de cocus », et à la suite d’arrêts liés à l’immigration « ça veut dire sortir de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Et, plus généralement, sur le gouvernement des juges.

Voir aussi

Police allemande enlève les enfants d'une famille instruits à la maison

École à la maison en Allemagne — « Accompagnez-nous maintenant de gré ou plus tard de force »

École à la maison : les familles fuient l’Allemagne

Allemagne — Mère de douze enfants emprisonnée : elle refuse pour ses enfants le cours d'éducation sexuelle au primaire

Victoire partielle et tardive pour une famille allemande qui instruit ses enfants à la maison

Allemagne — Deux parents défendent l’école à la maison devant la Cour européenne des droits de l’homme

École allemande : famille allemande émigre et s'installe en Russie conservatrice