lundi 18 février 2019

Exodus de Paul Collier, comment l'immigration et le multiculturalisme changent le monde


Exodus: l’immigration et le multiculturalisme au XXIe siècle est un livre de 2013 de l’économiste Paul Collier sur la manière dont la migration affecte autant les migrants que les pays d’origine et de destination de ces migrants. L’ouvrage se penche sur les effets économiques de l’immigration internationale et la lutte contre la pauvreté. Le livre de Collier affirme également que l’exode des cerveaux est l’un des inconvénients, souvent négligés, de la migration. Selon Colin Kidd, Collier soutient que la politique d’immigration occidentale a été guidée non par la raison, mais par des réactions émotionnelles face à la culpabilité postcoloniale occidentale « tout en étouffant la prise en compte de problèmes plus vastes de pauvreté dans le monde ».

L’ouvrage qui vient d’être traduit en français est déjà considéré comme un classique dans le monde anglo-saxon. Sans céder à l’émotion, le professeur à Oxford y décrypte les conséquences de l’immigration, aussi bien pour les pays d’accueil que de départ. Loin d’être une chance, celle-ci fragilise l’Europe et appauvrit l’Afrique.

Pour Collier, si l’immigration ne frappe pas les nations d’obsolescence, son accélération continue, conjuguée à une politique de multiculturalisme assumé, pourrait menacer leur viabilité. L’absorption s’est révélée plus difficile que prévu. Tout indiquerait que l’accroissement continu de la diversité pourrait, à un moment ou à un autre, mettre en péril les accomplissements fondamentaux des sociétés modernes.

Si beaucoup d’économistes vantent les bienfaits de l’immigration, pour Collier c’est en grande partie une position incantatoire. Ces économistes répondent à la mauvaise question : « L’immigration est-elle une bonne chose ? » plutôt que « Quel est le meilleur niveau d’immigration ». Nous ajouterions une question sur le type d’immigration, toutes les immigrations à même effectif ne se valant pas. Deuxièmement, ces économistes mettent généralement en avant les effets à court terme sur le PIB, alors que les effets à long terme importent davantage. Troisièmement, les recherches les plus fiables sur l’effet de l’immigration sur les salaires moyens ont montré qu’il est nul, ou très proche de zéro. Quatrièmement, cela a un coût social, notamment en matière de logement. Cinquièmement, les effets économiques sont probablement moins importants que les effets sociaux, qui n’ont pas fait l’objet de suffisamment de recherches.

L’un des messages que ce livre tente de véhiculer, c’est que les cultures, ça compte. La culture, c’est ce qui sépare les diasporas des autochtones, et certaines cultures sont plus que d’autres éloignées de celle de la population indigène.

Paul Collier
Exodus
Immigration et multiculturalisme au XXIe siècle
aux éditions L’ARTILLEUR,
en février 2019,
411 pages


Extrait de la recension de la démographe Michèle Tribalat :


[...] [D] ans la première partie de son ouvrage intitulée « Les questions et le processus », Paul Collier aborde frontalement la question idéologique qui a fait de l’immigration un tabou dans nombre de pays d’accueil, tout en soulignant la nécessité d’en sortir. Il y explicite aussi pourquoi, laissée à elle-même, l’immigration va s’accélérer.

À gauche, l’immigration est vue comme un sujet tabou, la seule opinion permise étant la déploration de l’antipathie des classes populaires à son égard et un discours positif vantant ses mérites économiques. À droite, l’opposition reste vague afin de ne pas être taxée de raciste. La culpabilité liée aux actions passées des nations européennes a fait de l’identité nationale une menace et façonné la perception actuelle des immigrants. La façon la plus sûre d’exprimer son antiracisme a été d’affirmer son soutien à l’ouverture des frontières. Si toute demande de limitation de l’immigration est vue comme l’expression d’un racisme, alors un débat ouvert sur l’immigration est impossible. Paul Collier pense qu’il est possible d’envisager la question migratoire en la débarrassant des « associations toxiques » qui mobilisent l’émotion, mais peu de connaissances établies.

Pour cela, il commence par expliquer pourquoi les flux migratoires s’accélèrent.

Les départs des pays pauvres sont motivés par les écarts de revenus, mais il faut disposer des moyens de partir. C’est un investissement qui se voit réduit par les diasporas déjà présentes dans les pays d’accueil. L’amélioration du niveau de vie dans les pays d’origine favorise la migration tant que les écarts de revenus entre pays riches et pauvres restent conséquents. Les migrations produisent des diasporas qui engendrent d’autres migrations. Ce qui compte pour définir une diaspora, ce n’est pas le pays de naissance, mais le nombre de personnes qui ont gardé des liens au pays d’origine avec des migrants potentiels et qui sont prêtes à les aider. Le taux d’absorption dans le pays d’accueil régule la taille de la diaspora. Laissés à eux-mêmes, ces mécanismes risquent de se traduire par une accélération des flux migratoires. Le seul frein qu’ils peuvent rencontrer réside dans la politique migratoire conduite par les pays d’accueil. Or, jusque-là, les décisions prises en la matière ont été « furtives et embarrassées » (p. 80). Un cercle vicieux s’est mis en place dans lequel les partis traditionnels, en désertant leurs responsabilités, ont ouvert un espace à des « brochettes d’hurluberlus : racistes, xénophobes et psychopathes [qui] ont attiré à eux des citoyens ordinaires de plus en plus inquiets du silence des partis traditionnels » (p. 81). Ce qui a renforcé la crainte de ces partis traditionnels de traiter la question. Si toutes les restrictions sont déclarées a priori illégitimes, alors les taux d’immigration à venir seront bien plus élevés que ceux connus au cours des dernières décennies.

Trans — Médecins inquiets que des enfants s'exposent à des "dégâts à long terme" en raison de groupes de pression et de parents agressifs

Les médecins de la seule clinique publique d’identité sexuelle s’inquiètent de ce que les jeunes patients de celle-ci pourraient être exposés à des « dégâts à long terme » en raison de groupes de pression et de parents agressifs.

L’hôpital « de développement de l’identité de genre » de Tavistock, située dans le nord de Londres, est « incapable de résister aux pressions » des militants et des parents qui exigent des transitions de genre rapides, ont déclaré plusieurs médecins.

L’hôpital fournirait également des soins « terriblement inadéquats », certains membres du personnel ont évoqué des « préoccupations éthiques très sérieuses » concernant leur lieu de travail, selon un rapport récent.

Le rapport, rédigé par l’ancien directeur du personnel, David Bell, a déclaré que certains enfants « adoptent l’identité trans comme une solution » à « de nombreux problèmes, tels que la maltraitance des enfants dans la famille, le deuil, l’homophobie et une incidence très importante de troubles du spectre autistique. »



Selon des membres de l’établissement, l’hôpital de développement de l’identité de genre Tavistock, dans le nord de Londres, est « incapable de résister aux pressions »  des militants et des parents qui exigent des transitions de genre rapides.

Selon le Sunday Times, les enfants pourraient avoir été « encadrés » par des groupes de pression et que l’historique de patients « extrêmement perturbés ou complexes » n’avait pas fait l’objet d’une enquête approfondie.

Le rapport Bell déclare que de nombreux enfants qui s’interrogent sur leur identité ont peut-être « appris grâce aux ressources en ligne [ou] aux conseils de leurs parents ou de leurs pairs, exactement ce qu’il faut dire pour obtenir les résultats souhaités » à la clinique.

Un membre du personnel a déclaré : « Vous voyez soudainement des groupes d’enfants qui, lors de l’entretien initial, récitent exactement la version des détails de la transition, des raisons qui les poussent à venir, etc. que j’ai entendu leurs parents souffler dans le couloir leurs enfants juste avant l’entretien tout en les grondant. »

« J’ai l’impression d’avoir laissé tomber un grand nombre d’enfants ».

Le rapport de Bell a également indiqué que, dans certains cas, des sentiments assez typiques chez des jeunes avaient été renommés « désir de changer de sexe ».

L’établissement, qui est le plus grand fournisseur de services d’identité sexuelle pour enfants au Royaume-Uni, aurait également recommandé aux patients des hormones bloquant la puberté après une seule séance. La clinique nie que ce soit le cas.

L’administration de l’hôpital a émis un long communiqué en réponse au rapport, elle y accepte certaines des accusations du rapport Bell et y formule un certain nombre de recommandations.


Source : Times de Londres

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samedi 16 février 2019

Étude — École non mixte n'augmente ni résultats ni intérêt des filles pour les sciences, mais bien pour les garçons

Dans de nombreux pays, les résultats scolaires des garçons sont inférieurs à celui des filles, mais celles-ci sont toujours sous-représentées dans les sciences, les techniques, l’ingénierie (génie) et les mathématiques (STIM).

Cette tendance a suscité un regain d’intérêt pour la mise en place d’écoles non mixtes pour améliorer les résultats des filles en STIM.

Des chercheurs coréens ont utilisé le cadre unique de Séoul, où les enfants sont affectés aléatoirement à une école secondaire, pour les uns, mixtes ou, pour les autres, non mixtes. Grâce à des données administratives pluriannuelles provenant des examens nationaux d’entrée au collège et une enquête longitudinale auprès des élèves de dernière année, les auteurs de l’étude ont évalué les résultats des élèves et leurs intérêts dans les STIM selon la mixité ou non de leur école. Les résultats sont publiés dans le numéro de février d’Economics of Education Review.

Cette étude n’a révélé aucun effet de la fréquentation d’une école non mixte sur les résultats ou l’intérêt des filles pour les sciences, les techniques, l’ingénierie (génie) et les mathématiques (STIM). Les chercheurs constatent que les écoles pour garçons ont des effets significatifs positifs pour les garçons dans ce domaine.

Ces résultats ne concordent pas avec l’idée reçue chez certaines féministes selon laquelle, pour diverses raisons, la présence de garçons nuit aux résultats et à l’intérêt des filles pour les STIM. L’étude étaye plutôt la thèse de Christina Sommers selon laquelle le système éducatif pourrait faire plus pour les garçons, notamment grâce à des écoles ou des classes pour garçons. Christina Sommers est l’auteur de La Guerre contre les garçons : comment des politiques malavisées nuisent à nos jeunes hommes (The War Against Boys: How Misguided Policies are Harming Our Young Men).

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Écologie — Les hommes ont-ils vraiment fait disparaître 60 % des animaux depuis 1970 ?

La chroniqueuse du Devoir, Josée Blanchette écrivait ce vendredi que « Des paléontologues nous informent que la plupart des mammifères et 40 % des insectes auront disparu dans 50 ans. » Elle ne cite pas de source. Mais ce genre de nouvelles circule depuis quelques mois à la suite d’un rapport du WWF, célèbre organisme écologiste.

Voici quelques manchettes sur le sujet tirées du seul site de Radio Canada en septembre et octobre 2018 .


Qu’en est-il ?

L’équipe à l’origine du rapport du WWF (le Living Planet Index) s’est appuyée sur des études antérieures dans lesquelles les chercheurs estimaient la taille de différentes populations animales, que ce soit par comptage direct, pièges photographiques, satellites ou par mesures indirectes comme la présence de nids ou de pistes. L’équipe a rassemblé de telles estimations pour 16 700 populations de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons, sur 4 000 espèces.

Différence entre effectif, populations, espèce

Il est important de comprendre la différence entre population, effectif et espèce. Les populations dont on parle ici désignent des poches d’individus d’une espèce donnée vivant dans des zones géographiques distinctes.

Cette étude ne concerne que 6,4 % des quelque 63 000 espèces de vertébrés qui existeraient, elles excluent les plantes, les insectes, les vers, méduses et éponges, espèces nettement plus nombreuses.

Pour déterminer les résultats du groupe dans son ensemble, l’équipe a ajusté ses chiffres pour prendre en compte les biais éventuels dans ses données. Par exemple, les vertébrés en Europe ont fait l’objet de plus d’études que ceux d’Amérique du Sud et les créatures en voie de disparition telles que les éléphants ont été étudiés de plus près (et ont été plus faciles à dénombrer) que des animaux très communs comme les pigeons.

Taille de populations en moyenne

Le WWF a constaté qu’entre 1970 et 2014, la taille des populations de vertébrés avait diminué de 60 % en moyenne. Ce n’est absolument pas la même chose que de dire que les humains ont tué ou fait disparaître 60 % des animaux — une distinction que le supplément technique du rapport indique explicitement. « Il ne s’agit pas d’un recensement de toutes les espèces sauvages, mais de l’évolution de la taille des populations d’animaux sauvages », écrivent les auteurs.

Pour comprendre la différence, imaginez que vous avez trois populations d’animaux dans une région géographique particulière : 5 000 lions, 500 tigres et 50 ours. Quatre décennies plus tard, vous n’avez plus que 4 500 lions, 100 tigres et cinq ours. Ces trois populations ont diminué de 10 %, 80 % et 90 % respectivement, ce qui représente une baisse moyenne de 60 %. Mais l’effectif total d’animaux est passé de 5 550 à 4 605, soit une baisse de seulement 17 %. Quant à la disparition d’espèces animales dans ce scénario, elle est nulle.

De même, il est trompeur de dire que l’homme a « tué plus de la moitié des populations d’espèces sauvages de la planète » (Washington Post) ou que l’on puisse nous reprocher d’avoir « éliminé 60 % des espèces animales » (Quartz) ou que « la population mondiale d’espèces sauvages a diminué de 60 % entre 1970 et 2014 » (USA Today). Toutes ces choses pourraient bien être vraies (mais c’est douteux, voir ci-dessous), mais ces déclarations ne peuvent se justifier en s’appuyant sur le rapport Index Living Planet du WWF.

Calcul du taux d’extinction surestimé ?

Notons également que les études sur le taux d’extinction de populations et d’espèces se basent sur des calculs indirects eux aussi, à savoir le taux de disparition de l’habitat des espèces en question. Or cette méthode est critiquée, car elle aurait tendance à surestimer le taux d’extinction.

Comme le mentionnait la revue Nature :

Malgré son importance, l’estimation des taux d’extinction est encore très incertaine, car il n’existe pas de méthodes directes avérées ou de données fiables permettant de vérifier les extinctions. La méthode indirecte la plus largement utilisée consiste à estimer les taux d’extinction en inversant la courbe d’accumulation aires-espèces [plus l’aire est grande plus le nombre d’espèces est important] et en extrapolant [techniquement en rétropolant] le nombre d’espèces sur la base d’habitats plus petits. Les estimations des taux d’extinction basées sur cette méthode sont presque toujours beaucoup plus élevées que celles réellement observées. Cette divergence a donné naissance au concept de « dette d’extinction », qui fait référence aux espèces « dont l’extinction est prévue » en raison de la perte d’habitat et de la réduction de la taille de la population, mais non encore éteinte pendant une période transitoire. Nous montrons ici que la dette d’extinction telle que définie actuellement est en grande partie une anomalie statistique, un artéfact d’échantillonnage, dû à une différence non reconnue entre les problèmes d’échantillonnage sous-jacents lors de la construction d’une relation aire-espèce (SAR) et lors de la rétropolation de l’extinction d’espèces à la perte d’habitat. Le résultat mathématique clé est que la surface requise pour voir disparaître le dernier individu d’une espèce (l’extinction) est plus grande, presque toujours beaucoup plus grande, que la zone d’échantillonnage nécessaire pour trouver le premier individu d’une espèce, indépendamment de la répartition de l’espèce et de son échelle spatiale. Nous illustrons ces résultats à l’aide de données provenant d’un réseau mondial de grandes parcelles forestières cartographiées et un certain nombre d’espèces de passereaux dans la partie continentale des États-Unis. Nous montrons que la surestimation peut être supérieure à 160 %. Bien que nous concluions que les extinctions causées par la perte d’habitat nécessitent une perte d’habitat plus importante que ce que l’on pensait auparavant, nos résultats ne doivent pas conduire à de la complaisance par rapport à l’extinction de populations animales liée à la perte d’habitat, extinction qui constitue une menace réelle et croissante.

Dans un article similaire dans Ecology « Une étude empirique sur les raisons pourquoi la relation entre les espèces et leur habitat surestiment l’extinction des espèces », les auteurs se sont penchés sur la richesse aviaire totale, la richesse en oiseaux forestiers et la richesse en habitats ouverts (agricoles, urbanisés par l’homme) et l’ont comparé au couvert terrestre naturelle restant dans le sud de l’Ontario. La richesse aviaire (le nombre de populations) n’est pas maximale quand tout l’espace est couvert naturellement. En fait la richesse totale en espèces d’oiseaux culmine quand environ 50 % de la surface est constituée d’un couvert terrestre naturelle, certaines espèces « opportunistes » profitant de la présence des hommes pour s’établir.

Voir aussi

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?

Comment la science se trompe.... Dans The Economist du 26 octobre, un dossier sur l’évolution du système mondial de recherche scientifique : « How science goes wrong ». On y apprend notamment qu’un nombre important et croissant de publications souffrent de biais statistiques ou défauts méthodologiques qui devraient inciter à la prudence sur les conclusions, quand il ne s’agit pas d’erreurs pures et simples.

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne


vendredi 15 février 2019

« Il n'y a pas d'école neutre » et « les enfants sont variés », la liberté scolaire s'impose donc par réalisme et humilité

Interventions d’Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école depuis 2008, lors d’une conférence organisée le 13 février sur le thème « À quoi sert l’école ? » à Paris.



Sujets abordés :

— construire le commun, construire le vivre-ensemble
— neutralité de l’école impossible
— le problème n'est-il pas d'abord que l'on est dans une société du vide ?
— diversité des enfants, des besoins
— l’école publique française est trop caporaliste, n’expérimente pas ou mal
— l'école publique est en réalité inégalitaire (carte scolaire)
— l’école publique (Meirieu) prétend qu’elle seule peut être le creuset et inculquer des valeurs communes, mais est-ce le cas ? Tous les terroristes récents sont passés par l'école publique.
— profils des écoles indépendantes en France (elles sont très diverses et en rien majoritairement religieuses).
— différence entre la vision anglo-saxonne (efficacité d’abord) et expérience avec les académies et les écoles libres
— les enfants appartiennent-ils à l’État, aux parents ?
— l’école comme une petite société, lieu de passage entre la famille et la grande société
— l’école ne doit pas s’opposer aux valeurs des parents


Débat en entier : vidéo 1 (30 min) et vidéo 2 (45 min)

mercredi 13 février 2019

France — « père » et « mère » à l'école, des « modèles sociaux et familiaux un peu dépassés », « arriérés »

Malgré l’opposition du gouvernement Macron qui estimait que la mesure ne relevait pas du ressort législatif, un amendement à la loi sur la réforme de l’école a été voté, remplaçant « père et mère » par « parent 1 et parent 2 » sur les formulaires scolaires.

L’Assemblée a adopté le 12 février en première lecture un amendement qui consacre l’homoparentalité dans les formulaires scolaires qui devront porter les mentions « parent 1 et parent 2 » et non plus « père et mère », dans le cadre du projet de loi sur « l’école de la confiance ».

« Cet amendement vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école », a expliqué la député La République en marche (LREM, parti de Macron) Valérie Petit, à l’origine du texte.

L’élue du Nord a rappelé que nombre de formulaires d’état civil, d’inscription à la cantine ou d’autorisation de sortie scolaire portent toujours les mentions père et mère, en ne tenant pas compte du vote de la loi pour le « mariage pour tous » [terme novlangue, autant de gens pouvaient se marier avant son passage, certains mariages sont toujours interdits] et de l’existence de familles homoparentales.

« On a des familles qui se retrouvent face à des cases figées dans des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés. Aujourd’hui, personne ne devrait se sentir exclu par des schémas de pensée un peu arriérés. Pour nous, cet article est une mesure d’égalité sociale », a défendu dans l’hémicycle sa collègue Jennifer de Temmerman (LREM, parti de Macron).



Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer et le rapporteur Anne-Christine Lang (LREM) ont donné un avis défavorable à cet amendement, estimant que le changement réclamé ne relevait pas du domaine législatif.

Le député Les Républicains Xavier Breton a dénoncé un amendement relevant « d’une pensée unique et politiquement correcte qui ne correspond pas à la réalité ». « Quand j’entends dire que c’est un modèle dépassé, je rappelle qu’aujourd’hui, dans les unions célébrées, mariages ou PACS, plus 95 % qui sont des couples homme-femme », a-t-il dit.

En revanche, pour son collègue socialiste Joaquim Pueyot, cette réforme « est une question de respect et de dignité ». « Vous n’imaginez pas les conséquences lorsque des enfants ne se sentent pas traités comme les autres », a-t-il lancé.


Voir aussi

Québec toujours premier — La Commission scolaire de Montréal remplace les mentions de « père » et « mère » par « parent »

mardi 12 février 2019

France — 90 % du vandalisme et profanations de lieux de cultes visent des églises

Neuf lieux de culte ont été visés ces derniers jours. La Conférence épiscopale reste discrète pour éviter la surenchère.

L’Église catholique fait face en France à une vague d’actes malveillants. Pas moins de neuf églises ont été visées entre le 28 janvier et le 10 février. Sur cette seule période, quatre ont subi des actes de « profanation », cinq des actes de « vandalisme ». Selon les chiffres 2017 du ministère de l’Intérieur, l’Église catholique et les Églises chrétiennes détiennent le record d’atteintes aux lieux de culte : 878 sur les 978 actes recensés. Soit une moyenne de deux par jour.

L’Église préfère toutefois s’en tenir à une relative discrétion sur ce sujet. « On veut éviter les effets de surenchère », explique un conseiller d’évêque. La Conférence épiscopale ne s’est d’ailleurs pas prononcée officiellement ces jours-ci. Son porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, s’est contenté d’émettre ce message Twitter : « Des églises incendiées, saccagées, profanées. Nous ne pourrons jamais nous habituer à ce que ces lieux de paix soient la proie de violences, à ce que nous avons de plus beau et de plus...



Dernières profanations en date, donc, le 9 février à Notre-Dame de Dijon. Mais aussi le 3 février à Lusignan, près de Poitiers et à Talmont, en Vendée, le même jour. Dans ces deux cas, les calices contenant les hosties — dont certaines ont été répandues — ont disparu. Très spectaculaire fut la profanation du 5 février dans l’église Notre-Dame-des-Enfants à Nîmes. Christiane Roux, membre du conseil pastoral de cette paroisse, confie : “Le tabernacle avait été forcé, les hosties consacrées éparpillées, brisées. Une croix avait été tracée avec des excréments sur le mur et des hosties étaient collées dessus. Des excréments avaient été déposés sur les enfants de la statue de la Vierge. Croyants ou non, les habitants du quartier sont choqués. Pour les catholiques, c’est un sacrilège, puisque c’est une atteinte à l’eucharistie, cœur de notre foi, mais aussi à la liberté de conscience. Je réagirais de la même façon pour une synagogue, une mosquée ou un temple.”

À Dijon, les hosties consacrées ont été également jetées sur le maître-autel et quelques dégâts matériels ont été causés. Une “messe de réparation”, avec une liturgie spéciale, notamment le lavement de “purification” de l’autel, présidée par l’archevêque Mgr Roland Minnerath, a vu grande affluence, samedi soir. Le même rituel est prévu à Nîmes le 13 février.

Dans la plupart des cas, plainte a été déposée, et les enquêtes de police sont en cours. À Lavaur, par exemple, dans le Tarn, où, le 5 février, une crèche a été brûlée et un christ a été désarticulé pour former un “dab”, ce geste issu de la danse hip-hop. Deux adolescents se sont présentés à la gendarmerie, reconnaissant les faits. Dans les Yvelines, où les 28 janvier, 1er février et 4 février, la même église de Houilles a été successivement le théâtre du bris d’une branche de la croix de l’autel, d’une statue de la Vierge et de l’endommagement du siège d’autel, un SDF connu pour être déséquilibré, selon des témoins, a été interpellé par la police, mais l’enquête n’est pas terminée. Investigation également à Maisons–Laffitte, où le tabernacle a été renversé dans l’église Saint-Nicolas, dimanche après-midi. Recherches aussi à Saint-Gilles-Croix-de — Vie et à Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, où deux églises subissent des dégradations régulières.

Outre les évêques concernés, qui ont dit localement leur indignation, Mgr Bernad Ginoux, à Montauban, a été le seul à s’inquiéter du “peu de réactions” sur un plan national, alors que c’est une “attaque directe contre la foi catholique”. Il estime, par exemple, que “le ministre de l’Intérieur, chargé des cultes, aurait pu envoyer un message à la communauté catholique”. Jean-Jacques Brot, préfet des Yvelines, a toutefois publiquement “condamné avec la plus grande fermeté ces violences graves et inadmissibles”. Il explique au Figaro : “C’est extrêmement préoccupant dans le contexte actuel. Aucune surenchère de ma part, mais, dans un département aussi sensible que les Yvelines sur le plan religieux, il est important que le représentant de l’État s’exprime pour redire sa vigilance afin que tous les lieux de culte restent des lieux de paix.”


lundi 11 février 2019

Dix février 1763 — Signature du traité de Paris

Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de Sept Ans et réconcilie brièvement, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne. Les préliminaires sont signés le 3 novembre 1762 à Fontainebleau. Le traité définitif est signé le 10 février 1763. Il entérine des pertes énormes pour la France : l’Amérique française et son influence sur une bonne partie des Indes orientales.

Aux termes de ce traité, en Europe :
  • La France restitue Minorque qu’elle avait prise le 29 juin 1756.
  • Elle évacue les territoires des alliés de l’Angleterre en Allemagne, ainsi que les territoires du Hanovre, propriété personnelle du roi de Grande-Bretagne.
  • La Grande-Bretagne rend Belle-Île à la France, prise en 1761.
C’est le statu quo en Europe.
    Liste des forts français établis en Amérique du Nord. Au moment où les Anglais s’emparent de 300 navires marchands français, sans déclaration de guerre préalable, et déclenchent ainsi la guerre de Sept Ans (1756-1763), la partie sud de la Nouvelle-Écosse est déjà anglaise et les Acadiens viennent d’en être expulsés (1755).

    En Amérique :

    • La Grande-Bretagne obtient de la France l’île Royale, l’île Saint-Jean (actuelle île du Prince-Édouard), l’Acadie, et le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi. La France abandonne également certaines îles des Antilles (Saint-Vincent, la Dominique, Grenade et Tobago).
    • Conformément à la capitulation conditionnelle de 1760, la Grande-Bretagne garantit une liberté de religion limitée aux Canadiens.
    • L’Espagne reçoit l’ouest du Mississippi, donc la Louisiane (Nouvelle-France), et le delta et La Nouvelle-Orléans. Notons que l’Espagne restituera la Louisiane occidentale à la France en 1800. Trois ans plus tard, ce vaste territoire fera l’objet de la « Vente de la Louisiane » entre Napoléon Bonaparte et Thomas Jefferson. Il est maintenant recouvert par treize États des États-Unis.
    • L’Espagne cède, quant à elle, la Floride à la Grande-Bretagne.
    • La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent.
    • Et en retour, elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon et recouvre la plupart de ses îles à sucre (Martinique, Guadeloupe et surtout Saint-Domingue).
    Carte des positions franco-britanniques à la veille de la guerre de Sept Ans dans le nord-est de l’Amérique du Nord

    Dans le reste du monde :

    • La France cède son empire des Indes aux Anglais, ne conservant que ses cinq petits comptoirs de Pondichéry, Kârikâl, Mahé, Yanaon et Chandernagor. 
    • En Afrique, elle est autorisée à garder son poste de traite des esclaves sur l’île de Gorée (Sénégal) mais elle cède Saint-Louis du Sénégal.

    Les possessions (rouge clair) et territoires alliés (rose) de la France en Inde avant la guerre de Sept Ans, elles rivalisent aisément avec celles de l’Angleterre (vert)

    La fascination de la France pour l’Europe continentale

    Le recul colonial de la France au XVIIIe siècle a tenu à l’affaiblissement progressif de sa marine lié à un manque d’investissement et la priorité donnée à la guerre continentale européenne.

    Vers 1680, la France de Louis XIV pouvait aligner, grâce à Colbert et son fils Seigneulay, une flotte de guerre d’environ 200 navires, sans compter la flotte marchande. Ce fut l’âge d’or de la « Royale ». Elle faisait la loi sur les océans et les mers avoisinant son territoire et soutenait un empire colonial qui se développait régulièrement.

    Cinquante ans plus tard, la France ne dispose déjà plus que d’une flotte de guerre de 50 à 80 navires tandis que la Navy britannique compte 200 unités. C’est le résultat du désintérêt porté à la guerre maritime et du recentrage de l’effort militaire sur la guerre continentale. C’est aussi le résultat du traité de La Haye avec l’Angleterre négocié par l’abbé Dubois en 1718, sous la Régence. Cette politique pacifiste a été poursuivie à la majorité du roi Louis XV par son Premier ministre, le cardinal Fleury.

    Sur mer, en l’absence de guerre déclarée, la rivalité franco-anglaise se traduit par la guerre de course, mais les corsaires français, à l’exception de figures légendaires comme René Duguay-Trouin, sont bien en peine de suppléer aux insuffisances de la « Royale ».

    Lorsqu’éclate la guerre de Sept Ans, la Grande-Bretagne compense ses faiblesses militaires en tirant parti de sa supériorité navale. Celle-ci lui permet d’envoyer au Canada des troupes relativement nombreuses pour attaquer les unités françaises. C’est ainsi que survient le désastreux traité de Paris. Dans les années qui suivent, les responsables de la marine française tentent de se ressaisir, notamment avec le plan de réforme de 1763 du comte Charles-Henri d’Estaing. Sous les ordres de l’amiral de Grasse, la « Royale » allait s’illustrer vingt ans plus tard dans le soutien aux insurgés américains. Leur indépendance apparaît comme une revanche sur le traité de Paris.

    L’aspect linguistique du traité

    Fait à noter, le mot Canada disparut des textes juridiques officiels, comme si la Grande-Bretagne avait voulu rompre tout lien avec le passé du pays. À partir du traité de Paris, et jusqu’en 1791, le Canada, réduit désormais à la seule vallée du Saint-Laurent, sera officiellement appelé Province of Quebec (province de Québec). De plus, dans l’usage officiel, les autorités britanniques parleront plutôt de « nouveaux sujets » plutôt que d’utiliser le terme Canadiens, par opposition aux « anciens sujets » de Sa Majesté. Dans la vie quotidienne, le titre de Canadien demeurera durant les décennies suivantes l’apanage des descendants des Français, les autres étant désignés comme « les Anglais ».

    Le traité de Paris a été rédigé en français, alors la langue de la diplomatie internationale. C’est donc un document officiel rédigé en français qui a fait du Canada une colonie britannique. Voici ce qu’on peut lire dans un article séparé (art. 2) au sujet de la langue :

    Article 2

    Il a été convenu et arrêté que la langue française, employée dans tous les Exemplaires du présent Traité, ne formera point un Exemple, qui puisse être allégué, ni tiré à conséquence, ni porter préjudice, en aucune manière, à aucune des Puissances contractantes ; Et que l’on se conformera, à l’avenir, à ce qui a été observé, et doit être observé, à l’égard, et de la Part, des Puissances, qui sont en usage, et en Possession, de donner, et de recevoir, des Exemplaires, de semblables Traités, en une autre langue que la française.

    Comme c’était la coutume à l’époque, le traité déclarait que le seul document légal était en français. Il n’accordait aucun droit linguistique aux habitants des colonies conquises, mais cette question n’inquiétait alors personne. Le français était l’outil de communication privilégié entre les nations d’Europe et il était parlé par toute l’élite anglaise. Non seulement le général Jeffrey Amherst le parlait, mais également, comme tous les gens de leur classe sociale, James Murray, Thomas Gage, Ralph Burton, Frederik Haldimand (un Suisse francophone), etc., qui allaient diriger la colonie.

    Le traité de Paris, un succès diplomatique pour les Français ?

    Soulignons que, pour beaucoup de Français, la perte de la Nouvelle-France et du Canada n’était pas perçue comme une tragédie nationale. Pour certains, le commerce avec les Antilles paraissait préférable. Pour Étienne-François de Choiseul (1719-1785), alors secrétaire d’État à la Guerre et à la Marine, le traité de Paris de 1763 constituait même un « succès diplomatique ». Le ministre se consolait d’autant plus facilement que, pour lui, la cession du Canada constituait une véritable « bombe à retardement » pour l’Empire britannique. Lors de la signature du traité de Paris, Choiseul aurait déclaré à son entourage à propos des Anglais : « Nous les tenons ! » Se voulant prophétique, il précisa : « Il n’y aura que la révolution d’Amérique qui arrivera, mais que nous ne verrons vraisemblablement point, qui remettra l’Angleterre dans l’état de faiblesse où elle ne sera plus à craindre en Europe. » Pour Choiseul, c’est la peur de la puissance militaire canadienne qui faisait tenir les Treize Colonies américaines dans le giron britannique. Le traité de Paris de 1763 pouvait faire éclater l’empire colonial anglais. Pour sa part, James Murray, l’un des principaux acteurs anglais de la Conquête, répondit en juin 1760 à un officier français (Malartic) qui lui demandait si les Anglais allaient conserver le Canada :

    Si nous sommes sages, nous ne le garderons pas. Il faut que la Nouvelle-Angleterre ait un frein à ronger et nous lui en donnerons un qui l’occupera en ne gardant pas ce pays-ci.

    Mais ce fut l’avis contraire de Benjamin Franklin qui l’emporta. En 1760, il convainquit les ministres britanniques que jamais les Treize Colonies ne se ligueraient contre « leur propre nation » et qu’il faudrait plutôt que la mère patrie se comporte de façon très hostile pour envisager un tel scénario invraisemblable, par exemple en remettant le Canada à la France. La Révolution américaine éclatera quand même en 1775, soit douze ans plus tard !

    Cette future discorde entre Anglais et Américains était le prix de consolation de Choiseul. Encore qu’il avait su réserver pour la France l’accès à deux richesses importantes : le poisson et le sucre, soit l’accès aux Côtes françaises de Terre-Neuve (grâce sans doute à une action d'éclat en 1762 : la prise de Terre-Neuve) et la possession des « îles à sucre », dont Saint-Domingue qui assurera environ 40 % de la production sucrière mondiale et plus de la moitié de celle du café. Et ne parlons pas du bois d’ébène ! En somme, malgré le traité de Paris, la France s’engage, en stricts termes économiques, dans la période la plus productive de toute l’époque coloniale de l’Ancien Régime.

    Texte du traité de Paris de 1763

    dimanche 10 février 2019

    Oxford réorganise les études classiques pour réduire inégalités entre hommes et femmes

    Après 900 ans, l’université Oxford réorganise ses études classiques pour réduire les inégalités entre hommes et femmes. La faculté a décidé de passer à l’action alors que les jeunes hommes sont deux fois plus nombreux que les filles à obtenir une mention très bien.

    Les professeurs de la faculté de lettres classiques ont déclaré que les résultats des examens de l’an passé révélaient un écart troublant entre les sexes : 46,8 % des hommes obtenaient une mention très bien (16/20 ou plus) alors que seules 12,5 % de leurs camarades féminines entraient dans cette catégorie.

    Les universitaires ont noté que l’écart entre les sexes lors des examens finaux — qui était « déjà très perceptible » — avait « considérablement augmenté » avec la dernière cohorte d’étudiantes.

    Par ailleurs, si 38 % des jeunes hommes obtenaient une mention très bien lors des examens de deuxième année seules 19,3 % des femmes l’obtenaient.

    Luke Pitcher, président de la faculté des lettres classiques, a déclaré qu’une équipe était sur le point de « refondre » le programme afin de « remédier à la disparité entre les sexes ».

    Cette décision a été reçue de façon mitigée par les étudiants d’Oxford. L’un d’entre eux a affirmé qu’il s’agissait d’une mesure « draconienne et inutile ». Cet étudiant en troisième année de lettres classiques a ajouté : « Au lieu de reformuler tout le programme, le département devrait se pencher sur le fait que le style d'enseignement conviendrait plus aux garçons qu’aux filles. »

    Alex Nash, un autre étudiant de troisième année en classiques, a déclaré : « La réforme devrait viser à réduire l’écart entre les candidats qui ont étudié le latin et le grec au secondaire et les autres. » « La vraie différence réside dans la maîtrise de la langue, certains étudiants débutants étant nettement désavantagés », a-t-il ajouté.

    Cette matière, également connue sous le nom de Literae Humaniores ou les Grands, est enseignée à Oxford depuis plus de 900 ans. Parmi les anciens diplômés, on retrouve Oscar Wilde, CS Lewis et Boris Johnson.

    Le projet de réforme du programme d’études classiques constitue la dernière parmi de nombreuses « ouvertures » des facultés d’Oxford envers les femmes.

    L’an dernier, la faculté de philosophie d’Oxford a introduit plusieurs modifications destinées à accroître l’attrait de ce domaine pour les étudiantes. La faculté a présenté un nouveau cours de premier cycle sur la philosophie féministe et a suggéré que 40 % des auteurs recommandés sur les listes de lecture de philosophie soient des femmes. La liste des grandes philosophes dans l'histoire est pourtant bien courte. On a également invité les professeurs à utiliser les prénoms des auteurs plutôt que leurs initiales lors de la compilation de ces listes de lecture, afin de faire ressortir les auteurs de sexe féminin. On ne sait pas ce qui est prévu pour les auteurs transgenres.

    En 2017, Oxford a introduit un examen final d’histoire « à emporter à la maison », destiné à améliorer les résultats des étudiantes car elles ont moins de chances d’obtenir un diplôme avec distinction en histoire que leurs camarades masculins.

    Les étudiantes qui passaient des examens de mathématiques et d’informatique à l’été 2017 disposaient de 15 minutes supplémentaires pour terminer leurs copies, après que les professeurs aient déclaré que « les candidates pourraient être plus susceptibles d’être affectées par la pression du temps ».

    Un porte-parole d’une université a déclaré : « La Faculté des lettres classiques est en train de créer un nouveau groupe de travail chargé d’étudier certains aspects du cours de lettres classiques. »

    « Le groupe examinera un certain nombre de questions, notamment le déséquilibre hommes-femmes dans les résultats des examens. Aucune proposition n’a encore été faite, discutée par la faculté ou adoptée. »

    On ne connaît pas d'initiatives pour améliorer la réussite des hommes dans les domaines où ils obtiennent de moins bons résultats que les femmes.

    Source : Sunday Telegraph

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    Étude de 2018 (n=2064) : pas d'effet de menace du stéréotype sur résultats en maths des filles

    Hongrie — Exonération fiscale à vie pour les mères d'au moins 4 enfants

    Le gouvernement hongrois augmente considérablement son aide financière et ses subventions aux familles de plusieurs enfants, a annoncé dimanche le Premier ministre Orban.

    Les mesures annoncées par Viktor Orban lors de son discours sur l’état de la nation visent à encourager les femmes à avoir plus d’enfants et à enrayer le déclin de la population en Hongrie.

    Les avantages comprennent une exonération à vie de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les femmes qui donnent naissance et qui élèvent au moins quatre enfants ; une subvention de 2,5 millions de forints (11 500 $ canadiens, 7 800 euros) en faveur d’un véhicule de sept places destiné aux familles de trois enfants ou plus ; et un prêt à faible taux d’intérêt pour les femmes de moins de 40 ans qui se marient pour la première fois.

    Le gouvernement a également déclaré qu’il dépensera davantage pour le système de santé hongrois et qu’il créera 21 000 places en crèche. De plus, les grands-parents seront admissibles à des frais de garde d’enfants s’ils s’occupent de jeunes enfants à la place de leurs parents, a dit Orban.

    « Il y a de moins en moins d’enfants nés en Europe. Pour l’Ouest, la réponse (à ce défi) est l’immigration. Pour chaque enfant disparu, on devrait en faire venir un et alors les chiffres seront bons », a déclaré M. Orban, selon Reuters.

    « Mais nous n’avons pas besoin de bons chiffres. Nous avons besoin d’enfants hongrois “, a-t-il dit en annonçant le programme d’incitation.

    Source : The Independent