mercredi 17 avril 2019

Interlude pascal

Crucifixus


Crucifixus d'Antonio Lotto à la Sainte Chapelle de Paris

Faire un don pour reconstruire Notre-Dame de Paris (Fondation patrimoine officielle)

Crucifixus etiam pro nobis sub Pontio Pilato:
Passus, et sepultus est

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.


Victimae Paschali Laudes




La séquence de Pâques Victimæ Paschali Laudes chantée lors de la messe de Pâques est généralement attribuée à un prêtre burgonde du XIe siècle, Wipon de Bourgogne († 1048).

Une traduction en vers (XVIIIe siècle)

Adore, ô peuple saint, l’innocente victime
Qui te purge de crime.
Voici l’heureuse Pâque où s’immole l’Agneau,
Qui sauve le troupeau.
Où Jésus par son sang apaise de son Père
L’équitable colère.
Ô merveilleux duel, où la vie et la mort
Signalent leur effort !
Le chef des vivants meurt ; mais, reprenant sa vie
Qu’on lui croyait ravie,
Il terrasse la mort, il trouve un jour plus beau
Dans la nuit du tombeau.
Qu’as-tu vu, chaste amante, illustre Madeleine,
En ta cuisante peine ?
J’ai vu mon roi vivant après tant de combats
Mettre l’enfer à bas.
Et, sur son tombeau même, élevant le trophée,
De la mort étouffée,
J’ai vu le saint suaire, et les linceuls sacrés
De son cercueil tirés.
Et des anges, brillants de clartés non pareilles,
M’ont appris ces merveilles.
Mon Roi vit. Mon Sauveur et mon unique espoir
A mes yeux s’est fait voir.
Allez en Galilée, et, selon les oracles,
Vous verrez ses miracles.
Nous croyons que Jésus vraiment ressuscité
A l’enfer surmonté.
Mais toi, divin sauveur, au jour de ta victoire,
Fais-nous part de ta gloire.



Stabat Mater de Jean-Baptiste Pergolèse (1710-1736)

Stabat Mater dolorosa
Iuxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.

Debout, la Mère, pleine de douleur,
Se tenait en larmes, près de la croix,
Tandis que son Fils subissait son calvaire. (litt. pendait.)




Pange Lingua de la Missa Pange Lingua de Josquin des Prés (1450-1521)

Pange, lingua, gloriosi
Corporis mysterium,
Sanguinisque pretiosi,
quem in mundi pretium
fructus ventris generosi
Rex effudit Gentium.

Chante, ô ma langue, le mystère
Du corps sacré, corps glorieux,
Et celui du sang précieux,
Versé pour racheter la terre
Par le fruit d’un sein merveilleux.



Membra Jesu nostri, Ad Pedes (I) de Dietrich Buxtehude (1637-1707)

Ecce super montes
Pedes evangelizantis
Et annunciantis pacem.

[...]

Clavos pedum, plagas duras,
Et tam graves impressuras
Circumplector cum affectu,
Tuo pavens in aspectu,
Tuorum memor vulnerum.

Dulcis Jesu, pie deus,
Ad te clamo licet reus,
Praebe mihi te benignum,
Ne repellas me indignum
De tuis sanctis pedibus.

Voici sur les montagnes
Les pieds du messager
Qui annonce la paix.

[...]

Les clous des pieds, les plaies dures,
Et les marques si profondes,
Je les couvre avec tendresse,
Craignant ta vue,
Me souvenant de tes blessures.

Doux Jésus, Dieu pieux,
Je te crie, comme il est permis à ton débiteur,
Sois bienveillant à mon endroit,
Ne me repousse pas, indigne
De tes pieds saints.





O Haupt voll Blut und Wunden,
Voll Schmerz und voller Hohn,
O Haupt, zum Spott gebunden
Mit einer Dornenkron’,
O Haupt, sonst schön gezieret
Mit höchster Ehr’ und Zier,
Jetzt aber höchst schimpfieret;
Gegrüßet sei’st du mir !

Chef couvert de blessures,
meurtri par nous pécheurs,
Chef accablé d’injures,
d’opprobres de douleurs.
Des splendeurs éternelles
naguère environné,
C’est d’épines cruelles
qu’on te voit couronné !



Mache dich, mein Herze, rein,
ich will Jesum selbst begraben.
Denn er soll nunmehr in mir für und für
seine süße Ruhe haben.
Welt, geh aus, laß Jesum ein!

Purifie-toi, mon cœur,
je veux enterrer Jésus moi-même.
Car en moi désormais il doit reposer
à jamais en paix.
Monde, retire-toi, laisse entrer Jésus.





Gebt mir meinen Jesum wieder !
Seht, das Geld, den Mörderlohn,
Wirft euch der verlorne Sohn
Zu den Füßen nieder !

Qu’on me rende mon Jésus !
Voyez, l’argent, le prix du sang,
Le fils prodigue le jette
À vos pieds !




Χριστὸς ἀνέστη ἐκ νεκρῶν, θανάτῳ θάνατον πατήσας καὶ τοῖς ἐν τοῖς μνήμασι ζωὴν χαρισάμενος.

Le Christ est ressuscité des morts, Par la mort, il a vaincu la mort et à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie.

mardi 16 avril 2019

Histoire — Notre-Dame de Paris et Paris à la fin des années 1890 (film rare)



« L’école n’est pas adaptée à nos enfants »

Des centaines de parents de partout au Québec ont manifesté lundi devant le bureau du ministre de l’Éducation, à Chambly, pour protester contre le resserrement prévu des règles encadrant l’école à la maison.

Ces parents revendiquent haut et fort le « droit à la diversité » en éducation. Ils veulent faire reconnaître leurs efforts pour éduquer leurs enfants à leur manière, sans nécessairement suivre le rythme du programme « mur à mur » imposé par le ministère de l’Éducation du Québec.



« L’école n’est pas adaptée à nos enfants », ont dit des parents. « Nos enfants ne sont pas faits pour l’école telle qu’on la connaît », ont nuancé d’autres parents. Ils ont raconté leur choix d’éduquer un enfant à la maison : élève surdoué qui s’ennuyait en classe, enfant en difficulté qui était triste à l’école ; dans d’autres cas, des parents tiennent tout simplement à transmettre une éducation sur mesure à leurs enfants.

Les parents rencontrés lundi par Le Devoir détiennent pour la plupart un diplôme universitaire. Un des deux parents occupe un emploi assez payant pour permettre à l’autre de rester à la maison. Aucun des parents rencontrés n’a dit faire l’école à la maison pour offrir un enseignement religieux.

« Toutes les écoles se ressemblent. L’humanité a des défis énormes à relever, y a-t-il une seule approche en éducation pour préparer nos enfants au monde de demain ? », dit Matthias Doucerain, qui a interrompu son doctorat en éducation à Harvard pour faire l’école à la maison à ses quatre enfants âgés de 8 ans et moins (sa fille de 15 ans fréquente l’école secondaire).

Des règles plus draconiennes

Le père de famille s’est déplacé à Chambly pour protester contre la décision du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de resserrer les contrôles pour les parents qui font l’école à la maison. Les examens ministériels deviendront obligatoires. Le nombre de matières à enseigner augmentera. Et les agents de suivi du ministère de l’Éducation devront rencontrer les élèves à la maison pour s’assurer qu’ils ont bel et bien suivi le programme obligatoire.

Le but est de donner les moyens à l’État d’éviter que des enfants soient privés du droit à l’éducation jusqu’à l’âge de 16 ans, a expliqué le ministre Roberge le mois dernier. Il estime que des centaines d’enfants tombent dans les failles du système, hors de l’écran radar du ministère de l’Éducation.

Le Devoir a révélé le mois dernier des lacunes dans l’encadrement de l’école à la maison : des « rencontres » entre des parents et des agents de suivi du ministère de l’Éducation se font au téléphone. Des agents sont habitués à se faire raccrocher la ligne au nez. Des projets d’apprentissage soumis par des parents tiennent parfois en une page griffonnée à la main.

Les quelque 500 parents qui ont manifesté lundi, en tout cas, clament sans hésiter qu’ils offrent une éducation exceptionnelle à leurs enfants. Ils font valoir que les nouvelles règles annoncées par le ministre leur mettent des bâtons dans les roues sans aucune raison valable.

Contre les examens imposés sans équivalence

« Mon fils de six ans devrait être médicamenté s’il allait à l’école. Il fonctionne très bien sans médicament à la maison », dit Éveline Benoit, de Drummondville. Son fils a un diagnostic de douance hétérogène. Il apprend plus vite à la maison qu’à l’école.

Comme presque tous les parents interrogés, la mère refuse que son enfant suive les examens du ministère, qui sont une source de stress inutile, selon elle. Sans évoquer le contexte spécifique de l’école à la maison, le Conseil supérieur de l’éducation a remis en question les examens ministériels (et les bulletins chiffrés traditionnels) : les enseignants font du « bourrage de crâne » dans le seul but de faire réussir les élèves dans une course aux bonnes notes. Certains parents sont du même avis.

« Les examens du ministère ne mesurent pas la culture ou l’intelligence des enfants. Ils évaluent la capacité à se conformer au calendrier scolaire », dit un père de famille.

« On apprend les mêmes choses [que l’école] à nos enfants, mais pas nécessairement dans le même ordre que le programme du ministère. Le [moment] peut être mauvais avec les examens du ministère », dit une mère, se présentant comme Audrey, qui fait l’école à quatre de ses cinq enfants (le petit dernier a un an).

Le projet de loi 144, adopté l’an dernier par le gouvernement Couillard, avait déjà resserré l’encadrement de l’école à la maison, notent les parents. Les nouvelles règles proposées par le ministre violent carrément le droit des parents à éduquer leurs enfants comme ils l’entendent, selon eux.

« Avec le nouveau règlement, la maison devient carrément un local de l’école publique. Le ministre détruit l’esprit de l’école à la maison », dit Dominique Rousseau, qui est venu porter une boîte de matériel scolaire au bureau du ministre Roberge.

Le ministre est sorti pour discuter quelques minutes avec le père de famille. Il a aussi rencontré trois émissaires des manifestants. M. Rousseau dit souhaiter que le ministre revienne sur sa décision de resserrer les règles pour les parents qui font l’école à la maison.

lundi 15 avril 2019

Le Miserere d'Allegri (1638)

Le Miserere d'Allegri est écrit sur le texte du psaume 50 attribué au roi David. L'incipit (ici réduit au premier mot, Miserere) signifie « Prends pitié ». L'œuvre était chantée à la chapelle Sixtine lors des matines du mercredi et vendredi de la Semaine sainte, et uniquement en ce lieu et à cette occasion.


Image : Sainte Chapelle à Paris


Miserere mei, Deus : secundum magnam misericordiam tuam.
Et secundum multitudinem miserationum tuarum, dēlē iniquitatem meam.
Amplius lavā me ab iniquitate mea : et peccato meo mundā me.
Quoniam iniquitatem meam ego cognōscō : et peccatum meum contra me est semper.
Tibi soli peccāvī, et malum coram te fēcī : ut justificeris in sermonibus tuis, et vincās cum judicaris.
Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum : et in peccatis concepit me mater mea.
Ecce enim veritatem dilexisti: incerta et occulta sapientiæ tuæ manifestasti mihi.
Asperges me, Domine, hyssopo, et mundābor : lavābis me, et super nivem dēalbābor.
Auditui meo dabis gaudium et lætitiam : et exsultabunt ossa humiliata.
Averte faciem tuam a peccatis meis : et omnes iniquitates meas dele.
Cor mundum crea in me, Deus : et spiritum rectum innova in visceribus meis.
Ne projicias me a facie tua : et spiritum sanctum tuum ne auferas a me.
Redde mihi lætitiam salutaris tui : et spiritu principali confirma me.
Docebo iniquos vias tuas : et impii ad te convertentur.
Libera me de sanguinibus, Deus, Deus salutis meæ : et exsultabit lingua mea justitiam tuam.
Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.
Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utique : holocaustis non delectaberis.
Sacrificium Deo spiritus contribulatus : cor contritum, et humiliatum, Deus, non despicies.
Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion : ut ædificentur muri Jerusalem.
Tunc acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes, et holocausta : tunc imponent super altare tuum vitulos.

Aie pitié, mon Dieu, dans Ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre Toi, et Toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.
Ainsi, Tu peux parler et montrer Ta justice, être juge et montrer Ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute, j’étais pécheur dès le sein de ma mère.
Mais Tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, Tu m’apprends la sagesse.
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.
Fais que j’entende les chants et la fête : ils danseront, les os que Tu broyais.
Détourne Ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de Ta face, ne me reprends pas Ton Esprit Saint.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera Ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera Ta louange.
Si j’offre un sacrifice, Tu n’en veux pas, Tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.
Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.
Alors Tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur Ton autel.




On raconte


Dès les premières années, le Vatican avait interdit de le reproduire ou de le diffuser afin d'en préserver le caractère unique. À l'époque, l'idée même de droit d'auteur n'était pas encore née, et on raconte que le transcrire ou le chanter ailleurs qu'en ces lieux aurait été puni d'excommunication, spécialement pour les choristes qui étaient les seules personnes à même de diffuser l'œuvre dans son intégralité. Celle-ci était alors propriété du commanditaire et de la chapelle musicale du Vatican, puisque aucun artiste n'exerçait de manière indépendante. L'individualisme musical apparaîtra à la toute fin du XVIIIe siècle, avec Joseph Haydn et Mozart, mais ne se développera qu'au XIXe siècle.

Il y eut malgré tout de nombreuses transcriptions supposées de ce Miserere parmi les cours royales d'Europe, mais jamais de la qualité de la partition qui était chantée à Rome. Selon de nombreuses lettres, en 1770, Mozart, âgé de quatorze ans, réussit à retranscrire l'œuvre après seulement une ou deux écoutes. Alors qu'il visitait Rome, avec son père Léopold, il eut la chance de pouvoir écouter le Miserere le mercredi de la Semaine sainte, le 11 avril. Le soir même, il retranscrivait le morceau de mémoire. Il l'écouta encore une fois le vendredi qui suivit pour pouvoir faire quelques modifications. Le Miserere obtenu fut publié en 1771 à Londres et l'interdiction papale levée. Mais cette version n'incluait pas l'ornementation baroque qui faisait une partie du succès et de la beauté du chant.

Zemmour : « Les médias sont les curés d'aujourd'hui... et ils s'étonnent que les gens se détournent d'eux »




Notons que Zemmour a déjà dit par ailleurs que les juges sont en quelque sorte les archiprêtres de notre société progressiste : Depuis 1905, le crucifix a quitté les salles d’audience, mais la « prêtrise judiciaire » est restée.

Citations égrenées, paraphrasées par Zemmour au cours de cet entretien

En parlant de la Révolution française : « Jamais sans doute il n’exista de nation plus aisée à tromper, ni plus difficile à détromper, ni plus puissante pour tromper les autres. » (Joseph de Maistre)

Sur l’immigration : « À partir d’un certain nombre, la quantité devient une qualité » (traditionnellement attribuée à Engels, lui-même l’aurait pris à Hegel dans Science de la Logique)

Sur l’islam et le fait qu’il néantise l’autre : « Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une “néantisation” d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. » (Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques)

Sur les immigrants et les difficultés d’intégration : « Tout est moral dans les individus, mais tout est physique dans les masses. […] Chacun est libre individuellement, parce qu’il n’a individuellement affaire qu’à lui même, ou à des forces égales aux siennes. Mais dès qu’il entre dans un ensemble, il cesse d’être libre. » (Benjamin Constant)

Il ne faut pas être croyant pour faire partie d’une civilisation religieuse : « La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. » (André Malraux)

Notre civilisation moderne : « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. » (G. K. Chesterton)

Rôle des Germains qui virilisent le christianisme médiéval, sans citation précise (Oswald Spengler, Déclin de l’Occident)

Sur la fausseté des valeurs modernes devenues folles qui menacent notre société : « À chaque fois qu’une théorie est en contradiction avec le salut d’une société, c’est que la théorie est fausse car la société est la valeur suprême. » (Alphonse de Lamartine, Histoire des Girondins)

« Ceux qui se sauveraient comme personnes privées se damnent parfois comme personnes publiques » (Richelieu) [Ainsi, le prince qui redoute de trancher et laisse les intérêts individuels ou ceux des groupes de pression se réguler par le simple jeu des rapports de forces sauverait peut-être son âme s’il était un simple particulier. Mais dès lors que l’intéressé appartient à l’élite dirigeante, il doit être pleinement « dans sa charge », gouverner fermement, sinon il est sûr de se damner.]

« Une politique ne doit pas être jugée à l’aune de ses victimes, mais à l’aune des maux qu’elle épargne » (Joseph de Maistre), maxime chère à de Gaulle

« Quand les hommes cesseront-ils de faire la guerre ? Quand les femmes cesseront d’aimer les vainqueurs. » (Martin van Creveld)

Au sujet de la France qui se fait coloniser : « Pour être colonisé, il faut être colonisable. » (Sedar Senghor)

« Tout cela finira par une partition » (François Hollande, Un Président ne devrait pas dire cela), Zemmour croit plutôt à la sécession qu'à la partition.



Canada — la légalisation du cannabis a accru le nombre de consommateurs

Six mois après la légalisation de la marijuana au Canada, les premières données et des entretiens avec des exploitants démontrent qu’un grand nombre de Canadiens se sont initiés à cette drogue douce. Près de 14 % des consommateurs de cannabis interrogés par Statistique Canada de mi-novembre à mi-décembre ont reconnu avoir fumé du cannabis pour la première fois au cours des trois mois précédents. Cette période se situe à cheval de la nouvelle loi fédérale légalisant ce produit, mais le pourcentage de nouveaux utilisateurs a nettement augmenté par rapport aux trimestres précédents, où ils oscillaient de 4,7 à 7,8 %.

L’agence a constaté que les nouveaux consommateurs couvraient tous les groupes d’âge. Cependant, chez les personnes âgées de 24 à 35 ans, la consommation a légèrement diminué au fur et à mesure que l’on s’avançait dans cette période, tandis qu’elle a augmenté dans toutes les catégories d’âge supérieures à 35 ans. La légalisation a attiré un tout nouveau segment de personnes qui préfèrent utiliser du cannabis légal et qui sont disposées à en payer davantage, a souligné Jennifer Lee, principale partenaire responsable de la gestion du secteur du cannabis pour le cabinet de conseil Deloitte.

« Le contrôle gouvernemental amène une toute nouvelle cohorte sur le marché. Ils auraient pu l’essayer sur le marché noir. Ils ont simplement choisi de ne pas le faire, car ils voulaient être certains qu’il s’agissait d’un produit sûr. » Apparemment, le fait que le produit était illégal et donc un frein à la consommation ne traverse pas l’esprit des experts ? Dès qu’il est légal, cela ne peut plus être si grave, si dangereux d’en consommer tant sur le plan de la santé que sur le plan judiciaire...


Mme Lee a ajouté que ses recherches avaient démontré que les personnes de plus de 55 ans étaient les plus attirées par ce marché, car elles avaient déjà consommé de la marijuana, il y a plusieurs années, et pouvaient se permettre de payer davantage pour de la drogue légale. Selon Cindi Phelps, qui dirige la boutique Tamarak Cannabis à Kimberley, en Colombie-Britannique, environ 15 à 20 % de ses clients renouent avec la marijuana après en avoir fumé pour la première fois, il y a plusieurs décennies ou n’en ont encore jamais consommé. « Ils élevaient leurs enfants, ils avaient leur famille.

Aujourd’hui, ils sont à la retraite et aimeraient bien essayer de nouveau, a-t-elle raconté. Comme c’est légal, ils ne craignent plus de se faire arrêter pour ça. » Les nouveaux consommateurs demandent souvent du cannabidiol, également appelé CBD, un extrait non psychoactif utilisé pour traiter la douleur et l’anxiété, a dit Mike Babins, propriétaire d’Evergreen Cannabis à Vancouver. « Ils viennent ici en disant qu’ils n’ont aucune envie de se défoncer et qu’ils veulent juste du CBD. On leur demande ce qui ne va pas avec le fait d’être défoncé. Sont-ils influencés par ces vieux films de propagande et croient-ils qu’ils vont se prendre pour des oiseaux et sauter par la fenêtre en voyant de jolies couleurs ? » Il semble que M. Babins confondent l'effet d'autres drogues et cela conseille des clients en toute légalité maintenant...!? Les clients de M. Babins lui ont dit qu’ils attendaient que la consommation de la marijuana devienne légale et qu’ils en avaient assez de boire trop d’alcool en soirée. « Ils boivent une bouteille de vin après le souper au lieu d’un verre de vin pendant le repas. Beaucoup disent mal réagir au stress. »

Source



Voir aussi

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Le cannabis aurait des «effets négatifs et persistants» sur les capacités cognitives des ados

Cannabis thérapeutique : effets positifs modestes, effets indésirables sont importants et très fréquents

Mauvais signal quand l'État légalise le cannabis et se lance dans sa production

Des écoliers (5 à 9 ans) hospitalisés après avoir consommé du cannabis


Le Canada va être « cool » : des psychiatres craignent l'impact de la légalisation du cannabis

La fumée de cannabis contient sept fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone (CO) que celle du tabac, selon un test d’un magazine français de consommateurs, qui calcule que « 3 joints = 1 paquet de cigarettes ».

Le mensuel 60 millions de consommateurs de l’Institut national de la consommation (INC), publié en avril 2006, s’est servi d’une machine à fumer pour faire ce test dont le but était de comparer les teneurs en nicotine, goudrons, monoxyde de carbone, benzène et toluène dans les fumées principales de joints de cannabis et de tabac.

dimanche 14 avril 2019

Manuel d'histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint Louis précurseur des nazis, pas de critique de l'islam tolérant pour sa part

Photo du site des
Éditions Chenelière
La volonté de faire coexister la riche courtepointe ethnique et religieuse  que la politique migratoire du Québec met en place est à la base de l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse. Il fallait un programme qui puisse être enseigné à tous et qui rapprocherait toutes les communautés, quitte à simplifier à outrance les religions, les discréditer même pour les rassembler dans l'indifférenciation dans un esprit qu'on nommera par gentillesse irénique. C'est le cours tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil selon certains auteurs.

Il en va un peu de même avec un manuel d'histoire récent qui se penche sur l'histoire de la chrétienté et du monde arabo-musulman. L'éditeur est réputé (Chenelière) et le manuel est de bonne facture technique. Mais là c'est pire : critiques (pas toujours imméritées) d'un côté, le côté de la chrétienté et, de l'autre côté, bienveillance constante pour le monde arabo-musulman. Il ne faudrait pas que les Québécois de souche conçoivent leur civilisation avec trop de vanité et que les immigrants soient perçus comme issus d'une culture inférieure ?

On peut donc se demander si ce n'est pas, en quelque sorte, pour rabaisser un peu le caquet culturel des Québécois  de souche et promouvoir l'estime des récents et nombreux immigrants du monde musulman  que le manuel d'histoire D'hier à demain des éditions de la Chenelière ne critique jamais l'islam médiéval, il l'encense plutôt, et qu'il laisse l'intolérance et l'ignorance au christianisme et à la chrétienté médiévale. Au détriment de l'objectivité, de l'équilibre et de la justesse, malheureusement.

Saint-Louis, précurseur de Hitler ?

Dans ce manuel approuvé par le BAMD du Monopole de l'Éducation, on trouve ainsi la question très subtile suivante :


D'Hier à demain, manuel A, 1er cycle du secondaire (12-13 ans), édition Chenelière, p.  204

Aucune question similaire sur les autres civilisations (musulmanes et chinoises notamment) où les ethnies portaient pourtant aussi des costumes ou des signes qui les différenciaient. L'imposition d'un signe distinctif pour les juifs (et les chrétiens) était généralisée dans le monde musulman. Mais aucune mention, ni bien sûr de critique dans le manuel sur ce sujet. Il n'en dit rien, seul Louis IX et son ordonnance sont comparés à un funeste « moment au cours du XXe siècle »....

Pour se convaincre que les juifs devaient se vêtir différemment sous l'islam, voici une fatwa (parmi de nombreuses autres) qui impose des signes distinctifs aux dhimmis (les tributaires) :
« Un juif s’habille comme les musulmans et abandonne la mise qui le distingue d’eux.

Réponse [du savant musulman]. Il sera mis en prison, battu et promené ignominieusement dans les lieux habités par les juifs et les chrétiens pour l’exemple. Ibn Abî Tâlib a prescrit à l’un des cadis parmi ses subordonnés d’obliger juifs et chrétiens à porter leurs ceintures largement déployées sur leur robe pour qu’on les distingue bien, et si l’un d’eux monte à cheval, de l’en empêcher, de lui infliger vingt coups de fouet à nu, puis de le jeter en prison, et en cas de récidive de le battre durement et de l’incarcérer longuement.  »

(p. 111 de Histoire et société en Occident musulman au Moyen Âge de Vincent Lagardère)

Ce que rappelle, dans la deuxième moitié du XVe siècle, le voyageur flamand Anselme Adorne, cité par Paul Sebag :
« témoigne que les juifs de Tunis sont astreints à un « lourd tribut » dans lequel il faut voir sans doute jezya [capitation] du droit musulman, et qu'ils font toujours l'objet de discriminations  vestimentaires. Ils doivent alors arborer une pièce d'étoffe jaune, à la tête ou au cou, faute de quoi, ils ne manqueraient pas de se faire lapider. »

(p. 122, Tunis: Histoire d'une ville de Paul Sebag)
Extension maximale de l'empire almohade (entre 1195 et 1212)

« Crois ou meurs ! », la Révolution française


« Crois ou meurs ! Voilà l’anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! »


Ainsi s’exprime le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, dès le début de la Révolution. Voilà qui s’inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd’hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l’homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

Historien, ancien Directeur de recherche au C.N.R.S., Claude Quétel est spécialiste de l’histoire de l’enfermement et de la psychiatrie. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont une Histoire de la folie (2012), une Histoire véritable de la Bastille (2013), ou encore le Larousse de la Seconde Guerre mondiale (2007) et Les femmes dans la guerre 1939-1945 (2006).

Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ? Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n’avait été qu’une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l’enjeu mémoriel divise toujours les Français ?

Chaque grande nation, quel que soit son régime, déroule les hauts faits de son roman national. La Révolution française, tournant majeur de notre histoire, en est l’exemple le plus criant. « Crois ou meurs ! Voilà l’anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! » Ainsi s’indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, tout au début de la Révolution.

Longtemps, celle-ci a été présentée et enseignée comme une histoire édifiante de bout en bout, retentissant de ses grandes dates, de ses grands hommes. Et puis le temps est venu de distinguer une bonne révolution, celle des droits de l’Homme, qui aurait « dérapé » pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur. On en est encore là aujourd’hui, et l’on voit même des historiens de la Révolution relativiser la Terreur.

Eh bien voici l’heure de reprendre l’enquête en se demandant si ce ne fut pas la Révolution tout entière qui fut un immense, un désolant dérapage, et ce dès les premiers jours, dès les élections aux États généraux confisquées par l’intelligentsia, dès l’Assemblée Constituante, toujours considérée comme exemplaire, en proie à l’intimidation du public dans les tribunes ? Que fut-elle en réalité cette Révolution exemplaire, insoupçonnable ?

Ce livre n’a qu’une ambition, mais elle est grande : en faire le récit circonstancié, presque au jour le jour, en revisitant les événements, en décryptant le dessous des cartes, en se libérant de l’historiquement correct. Il s’adresse à tous ceux qui souhaitent qu’on leur raconte une autre histoire, la vraie.


Crois ou meurs !
Histoire incorrecte de la Révolution française
de Claude Quétel,
paru chez Tallandier,
à Paris,
le 28 mars 2019,
507 pages.
ISBN-13 : 979-1021025721

Mathieu Bock-Côté à Sud Radio



Voir aussi

Bock-Côté chez les diversitaires : « Vous êtes pour la diversité, quand même ? »

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Une école de Barcelone retire 200 contes pour enfants considérés comme « toxiques »

L’école Tàber de Barcelone, qui relève de la Generalitat de Catalogne, a décidé de revoir le catalogue des livres pour enfants de sa bibliothèque. Après avoir analysé les livres destinés aux enfants de moins de six ans, l’école a décidé de se débarrasser de 200 titres considérés comme « toxiques » parce qu’ils reproduisaient des schémas sexistes, ce qui représente 30 % du fonds. Dans 60 % des cas, le problème est moins grave, alors que 10 % seulement ont été écrits qui respectent le « genre ». D’autres centres cherchent également à acquérir des livres plus « égalitaires ».



Saint Georges est le patron de l’Aragon, de Valence, des Baléares et de la Catalogne. La tradition veut que, chaque année le 23 avril, on offre une rose, et depuis les années 1920, un livre.

On approche de la Saint George [Sant Jordi en catalan], journée idéale quand les garderies et les écoles racontent sa légende ou quand les parents se mettront à la cherche d’une histoire pour leurs enfants. Un coup d’œil au vaste catalogue d’histoires sur ce héros qui terrassa le dragon révèle que la plupart des titres reprennent les stéréotypes selon lesquels le personnage masculin est le héros courageux qui doit sauver la princesse craintive. Mais, nous révèle El Païs (journal de gauche branchée), on commence pourtant à trouver sur le marché des titres « alternatifs » tels que Sainte Jordina (par Inès Macpherson, aux éditions La Galera) ou La révolte de Sainte Jordina (par Lyona et David Fernandez, aux éditions Amsterdam), où la jeune fille est l’héroïne et où, en passant, le dragon n’est pas obligé de mourir...




La légende de Sant Jordi fait partie des contes bannis de l’école Tàber, tout comme la Belle au bois dormant ou le Petit chaperon rouge, selon la télévision locale Betevé. Cependant, Anna Tutzó, l’une des mères de la commission chargée de réviser le catalogue, préfère ne pas donner la liste complète  des titres bannis, car elle considère qu’il est plus important de se concentrer sur le problème sous-jacent, qui dépasse les récits traditionnels. « En outre, ces livres ne représentent qu’une minorité, cela affecte également les livres pour apprendre l’alphabet, les couleurs ou les bonnes manières. La société évolue et est plus soucieuse de la question du genre, mais cela ne se voit pas dans les contes », a-t-elle déclaré.

Rappelons que le Québec a un Bureau d’approbation du matériel didactique dont une des fonctions est de lutter contre les stéréotypes sexuels. En voici les critères d’approbation socioculturels :
  • une juste représentation (25 p.100) des personnages des groupes minoritaires ;
  • des rapports égalitaires entre les personnages des deux sexes ;
  • une représentation diversifiée et non stéréotypée des caractéristiques personnelles ou sociales ;
  • une interaction des personnages de groupes minoritaires dans des situations de la vie courante ;
  • une rédaction non sexiste des textes.


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